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6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 14:10

Le Beau Livre de la Préhistoire est un ouvrage écrit par Marc Azéma et Laurent Brasier. Il est préfacé par Jean Guilaine et édité chez DUNOD.

Le titre est un peu pompeux et nous sommes plus dans le concept de l'encyclopédie simplifiée que dans celle du beau livre. Construit de manière chronologique, chaque page aborde un thème de la préhistoire, avec les explications des auteurs et une illustration.

Un ouvrage très (trop) synthétique et plutôt orienté grand public. On en attendait plus de la part de Marc Azéma qui nous avait régalé avec L'art des des cavernes en action et La préhistoire du cinéma.

LE BEAU LIVRE DE LA PRÉHISTOIRE
  • Auteur Marc Azèma - Laurent Brasier
  • Editeur Dunod
  • EAN 978-2100730797
  • ISBN 2100730797
  • Nombre de pages 420
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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 16:19

La grotte de Lascaux est dans l'actualité avec l'ouverture le 15 décembre du Centre International de l'art pariétal de Montignac, baptisé Lascaux 4. Une reconstitution quasi complète de la grotte avec ses fresques et gravures.

A cette occasion, les éditions Circonflexe ont la bonne idée de rééditer l'ouvrage Les animaux  de Lascaux de Muriel Mauriac, historienne et conservatrice de la Grotte de Lascaux depuis 2008.

Dans ce très beau livre, l'auteur nous plonge au coeur de la grotte, de son bestiaire et de ses mystères. Elle nous dévoile les techniques des artistes pour orner la cavité et avec quels outils ils ont travaillé. Chaque espèce présente dans la grotte est détaillée, salle par salle.

Un très beau livre accessible à tous. Excellent point de départ pour ceux qui souhaitent préparer leur visite à Lascaux 4, ou tout simplement connaitre l'essentiel sur ce véritable chef d'oeuvre de l'art pariétal.

La grotte de Lascaux découverte en 1940 recense environ 2000 animaux et signes peints ou gravés. S'il est difficile de donner une époque précise à la réalisation des oeuvres, aujourd'hui les préhistoriens proposent de les situer entre 18 000 et 20 000 ans avant notre ère...

L'auteur, Muriel Mauriac est historienne de l'art, Conservatrice générale du patrimoine. Elle est la conservatrice de la grotte de Lascaux depuis 2008.

 

A LIRE : LES ANIMAUX DE LASCAUX
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1 décembre 2016 4 01 /12 /décembre /2016 16:03

L'australopithèque bipède utilisait la force de ses bras pour se hisser dans les arbres, où elle dormait pour échapper aux prédateurs.

Lucy, la plus célèbre des ancêtres de l'humanité, vieille de 3,18 millions d'années, passait au moins un tiers de son temps dans les arbres où elle nichait, selon une étude dévoilée ce mercredi.

Membres supérieurs très développés. Depuis la découverte des ossements fossilisés de cette australopithèque bipède en Ethiopie en 1974, les paléontologues débattent sur le fait de savoir si cet hominidé de 1,10 m de hauteur, qui pesait 29 kg, marchait le plus souvent sur le sol ou continuait aussi de grimper dans les arbres. Une nouvelle analyse détaillée des restes bien préservés du squelette, avec un scanner capable de pénétrer les couches de minéraux et de produire des images à haute définition, révèle que les membres supérieurs de Lucy étaient très développés, comme ceux des chimpanzés, les champions quand il s'agit de grimper aux arbres.

Chute d'un arbre. Mais le fait de passer du temps dans les branches a aussi été fatal à Lucy : une autre étude récente, basée sur l'analyse d'une fracture osseuse, a en effet permis aux scientifiques de conclure qu'elle était apparemment morte après être tombée d'un arbre. La dernière étude, publiée dans la revue américaine Plos One, indique que Lucy devait surtout utiliser ses bras pour se hisser dans les arbres, la morphologie de ses pieds étant mieux adaptée à une locomotion bipède qu'à s'accrocher aux branches, expliquent ces chercheurs des universités Johns Hopkins à Baltimore (Maryland) et du Texas à Austin.

Dormir dans les arbres. Ces travaux confortent les indications selon lesquelles Lucy devait dormir la nuit dans les arbres pour échapper aux prédateurs tout en notant la difficulté de déterminer précisément sa part de vie arboricole. Supposant qu'elle sommeillait environ huit heures par jour, elle devait rester un tiers de son temps dans les arbres, voire davantage si elle y cherchait aussi de la nourriture. Travaillant à partir de 35.000 clichés produits par le scanner, les chercheurs ont pu étudier les structures internes de l'os supérieur des deux bras, l'humérus, ainsi que le fémur de la jambe gauche.

Reconstitution de Lucy

Reconstitution de Lucy

Sources : AFP/Europe1

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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 10:24

Au delà du fait d'être un des plus grands spécialistes de l'art pariétal et rupestre, Jean Clottes est aussi un très bon conteur. Dans cette ouvrage que l'on doit à l'Éditeur TOTEM et qui reprend 8 textes publiés il y a quelques années dans des éditions aujourd'hui épuisées, le préhistorien nous invite à le suivre dans ses périples autour du monde.

Des recherches initiales dans la grotte Chauvet-pont d'arc aux voyages lointains avec les Touaregs dans l'Aïr et le Ténéré, des déserts de la Californie au bush australien et aux grottes ornées espagnoles, Jean Clottes c'est un peu "Tintin préhistorien". Avec beaucoup d'humour, de détails et de passion, c'est une vraie invitation aux voyages et à l'aventure que nous fait partager Jean Clottes dans cet ouvrage.

Biographie de l'auteur

Jean Clottes a été conservateur général du Patrimoine au ministère de la Culture où il a fait l'essentiel de sa carrière. Il a été président du Comité international d'art rupestre de l'ICOMOS et expert auprès de cet organisme et auprès de l'UNESCO. Il a dirigé l'équipe de la Grotte Chauvet-Pont d'Arc. Parmi ses nombreux ouvrages, on peut citer Les Cavernes de Niaux, La Préhistoire expliquée à mes petits-enfants, Les Chamanes de la préhistoire (avec David Lewis-Williams), Cosquer redécouvert (avec J. Courtin et L. Vanrell), L'Art des cavernes préhistoriques, Pourquoi l'art préhistorique ?, Jean Clottes Un archéologue dans le siècle (avec P. Semonsut), Une Vie d'art préhistorique.

 

 

À LIRE : UNE JOURNÉE À LA GROTTE CHAUVET ET AUTRES RÉCITS PAR JEAN CLOTTES

Broché: 256 pages

Editeur : Totem; Édition : Association Totem

ISBN-10: 2955734802

ISBN-13: 978-2955734803

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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 10:29

Les chercheurs de l'université de Tomsk (2 900 km à l’est de Moscou) ont découvert le plus important ossuaire de mammouths et d’autres animaux éteints d’Eurasie dans le village Voltchia Griva, près de Novossibirsk. Lors des fouilles, les paléontologues ont découvert un nombre impressionnant de vertèbres, côtes, os et autres restes : leur concentration est supérieure à 100 découvertes par mètre carré.

Les ossements de mammouths jeunes et adultes (au moins huit individus) se trouvaient à une profondeur de 1,7 à 2,1 m. Ainsi, parmi les plus grands fragments découverts figure une hanche de près de 1,15 m. Les chercheurs supposent qu’il s’agit d’un mammouth mâle âgé de près de 50 ans qui pesait plus de six tonnes et mesurait plus de trois mètres de haut. Ces parties du squelette sont probablement restées enfouies pendant 25 à 30 000 ans.

DÉCOUVERTE EN RUSSIE D'UN OSSUAIRE DATANT DU PALÉOLITHIQUE

Sergueï Lechtchinski, le paléontologue en charge de l’expédition à Voltchia Griva et responsable du laboratoire des écosystèmes du Mésozoïque et du Cénozoïque à l’université d’État de Tomsk, présente les hypothèses qui pourraient expliquer une telle concentration de mammouths sur le territoire de la Sibérie actuelle. « Il existe plusieurs opinions. Selon la version la plus répandue, les mammouths auraient pu tomber, d’une manière ou d’une autre, dans un piège naturel (par exemple, Griva aurait pu être une île qui aurait ensuite été submergée), où ils sont morts de faim », explique Lechtchinski. « Selon une autre version, les animaux ont été tués par l’homme. Cette hypothèse est appuyée par les artefacts retrouvés pendant les fouilles – des armes en pierre ».

Les chercheurs de l’université d’État de Tomsk proposent une troisième version : il y a plus de 10 000 ans, cette zone abritait un endroit où convergeaient les animaux souffrant d’un manque de minéraux dans l’organisme. « Les animaux se précipitaient vers certains types de terrain afin d’assouvir leur soif de minéraux. Par exemple, ils consommaient des plantes enrichies en éléments chimiques essentiels : sodium, calcium et magnésium », suggère Lechtchinski.

« Lors des grandes migrations, quand des centaines d’animaux se trouvaient dans la même zone, un ou deux mammouths, dont nous venons de retrouver les ossements, ont pu mourir pour différentes raisons (notamment, à cause des prédateurs) ».

DÉCOUVERTE EN RUSSIE D'UN OSSUAIRE DATANT DU PALÉOLITHIQUE

Au total, l’expédition a découvert 785 différents fragments qu’elle devra maintenant étudier. Outre les mammouths, ils ont découvert plusieurs os de bisons, chevaux, carnassiers (vraisemblablement renards) et rongeurs.

« Actuellement, la collection entière est en traitement à l’université. Les fragments doivent être systématisés : nettoyés, disséqués, emballés, numérotés – nous allons y consacrer une année entière », raconte le paléontologue. « Les découvertes les plus intéressantes seront soumis à une analyse radiocarbone pour définir leur âge exact ».

Source: Russia Behond The Headlines (rbth.com)

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 09:23

Si vous êtes de passage ou en vacances dans le beau département de la Dordogne, ne manquez pas d'assister aux conférences gratuites proposées par le Musée National de la Préhistoire et l'Abri Pataud.

26 juillet - 21 h 30 - Musée National de Préhistoire, Les Eyzies-de-Tayac
Pratiques mortuaires des Néandertaliens
Bruno Maureille, directeur de recherche au CNRS, UMR 5199 PACEA, Université de Bordeaux I, Pessac.

2 août - 21 h 30 - Musée National de Préhistoire, Les Eyzies-de-Tayac
Soirée débat et visite nocturne de l’exposition "Néandertal à la loupe".
Alain Turq, conservateur en chef du patrimoine, Musée national de Préhistoire, commissaire de l’exposition, en présence d’autres spécialistes invités.

9 août - 21 h 30 - Abri Pataud, Les Eyzies-de-Tayac
Les Néandertaliens et le monde animal
Marylène Patou-Mathis, directeur de recherche au CNRS, UMR 7194 HNHP, Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris.

Entrée libre dans la limite des places disponibles, réservation recommandée.

Abri Pataud : 05 53 06 92 46
Musée National de Préhistoire : 05 53 06 45 49

TROIS CONFÉRENCES AUX EYZIES-DE-TAYAC
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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 16:21

L'alternance des hémisphères, une affaire de présence au monde, fruit de l'évolution par Jean Cambier.


Jean Cambier est médecin neurologue, chef de service de neurologie, professeur émérite de neurologie à l'université Paris VII, ancien président de la Société française de neurologie. Il est membre de l'Académie nationale de médecine et rédacteur en chef du Bulletin de l'Académie.

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 13:11

Une étude révèle que certaines bactéries du microbiote intestinal sont vieilles d'au moins 15 millions d'années.

Certaines bactéries dans nos intestins remontent à au moins quinze millions d'années soit bien avant que nous soyons devenus humains, révèle une recherche publiée jeudi 21 juillet. Cette découverte suggère que l'évolution joue un plus grand rôle dans la composition du microbiote intestinal qu'on ne le pensait, expliquent ces chercheurs dont les travaux paraissent dans la revue américaine Science.

Ces bactéries contribuent aux premiers stades de développement de nos intestins, entraînent notre système immunitaire à combattre des agents pathogènes et pourraient même affecter notre humeur et comportement, précisent-ils.

«Nous montrons avec cette recherche que certaines bactéries intestinales humaines descendent directement de celles qui vivaient dans les intestins de nos ancêtres communs avec les singes», indique Andrew Moeller, un chercheur de l'Université de Californie à Berkeley, un des co-auteurs. «Cela prouve qu'il y a une lignée ininterrompue de ces bactéries depuis des millions d'années, depuis l'émergence des singes africains», ajoute-t-il.

Alors que les humains et les grands singes ont évolué dans des espèces distinctes à partir d'un ancêtre commun, les bactéries présentes dans les intestins de ce dernier ont également évolué dans des souches différentes, ont déterminé ces scientifiques.

Ils ont trouvé des preuves génétiques que l'évolution séparée de ces bactéries en souches distinctes s'est produite quand les ancêtres communs ont commencé à évoluer en diverses espèces.

Ainsi le premier clivage des bactéries intestinales s'est produit il y a environ 15,6 millions d'années quand la lignée des gorilles a divergé de celle des autres hominidés.

La seconde séparation est intervenue il y a 5,3 millions d'années au moment où la branche humaine s'est séparée de celles des chimpanzés et des bonobos.

«Nous savions depuis longtemps que les humains et nos plus proches cousins, les grands singes, ont ces bactéries dans leurs intestins», relève Andrew Moeller. «La plus grande question à laquelle nous cherchions à répondre était celle de savoir d'où viennent ces bactéries, de notre environnement ou de notre évolution, et combien de temps les lignées ont persisté», ajoute-t-il.

Pour cette recherche, ces scientifiques ont analysé des échantillons fécaux de chimpanzés, de bonobos et gorilles qui vivent à l'état sauvage en Afrique et des personnes aux Etats-Unis.

Des fossiles et des indices génétiques ont permis d'établir que ces quatre espèces d'hominidés ont toutes évolué à partir d'un ancêtre commun qui vivaient il y a plus de dix millions d'années.

Les chercheurs ont utilisé le séquençage génétique pour analyser toutes les différentes versions d'un gène bactérien présent dans tous les échantillons fécaux.

A partir de ces données, ils ont pu reconstruire les arbres de l'évolution des trois groupes de bactéries intestinales qui forment plus de 20% du microbiome humain.

Deux de ces groupes ont une évolution similaire à celle des hominidés.

Source : tdg.ch

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 15:48

Le premier séquençage des gènes du chromosome Y de l'homme de Néandertal révèle leur absence du génome de l'homme moderne. Ce qui expliquerait pourquoi les deux espèces sont restées séparées et pourquoi l'une des deux s'est éteinte.

Publiée dans la revue American Journal of Human Genetics, les résultats du séquençage du chromosome Y chez l'homme de Néandertal suggère que l'ancêtre commun des deux espèces a vécu il y a de cela entre 447.000 et 806.000 ans, ce qui corrobore les estimations précédentes. Mais ce séquençage apporte surtout de nouvelles informations sur les relations entre Homo sapiens et Homo neanderthalensis, et renseigne sur certains facteurs génétiques qui pourraient séparer les deux espèces.

Les auteurs de l'étude indiquent que les variants génétiques présents sur le chromosome Y de l'homme de Néandertal n'ont jamais été observés chez l'homme moderne. Aucune lignée patrilinéaire (transmission par les pères exclusivement) ne semble donc rattacher notre espèce à celle de Néandertal. Pourquoi ? D'après l'équipe américaine, des mutations dans des gènes connus chez les humains auraient pu produire des incompatibilités. Des antigènes dérivés de l'un de ces trois gènes sont apparemment responsables d'une réponse immunitaire chez des femmes enceintes attaquant leur foetus, notamment les foetus mâles. Ce qui entraîne des fausses couches.

Ce mécanisme de rejet génétique a-t-il pu entraîner une accélération de l'extinction de la lignée génétique des Néandertaliens? Ces chercheurs estiment que d'autres études sont nécessaires pour confirmer cette découverte et ses implications. "Nous n'avons jamais observé le chromosome Y des Néandertaliens dans les échantillons humains testés jusqu'à présent", rappelle Carlos Bustamante, professeur de génétique à Stanford. "Cela ne prouve pas qu'il a totalement disparu. Même si c'est plus que probable", poursuit-il.

De croisement en croisement, l'Homo Sapiens aurait fait le tri dans le patrimoine génétique néandertalien, pour ne garder que les éléments lui octroyant un avantage adaptatif. Aujourd'hui, individuellement, 1 à 3% de votre ADN pourrait être hérité de ce cousin lointain, surtout si vous êtes d'origine européenne ou asiatique

SÉQUENCAGE DU CHROMOSOME Y NEANDERTALIEN

Sources : NewScientist.com / Lexpress.fr

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5 avril 2016 2 05 /04 /avril /2016 16:00

La cage thoracique et le bassin des Néandertaliens se seraient élargis pour s’adapter à un régime alimentaire riche en protéines.

Au jeu des sept différences entre humains et Néandertaliens, l'anatomie tient une place de choix. En particulier, l’Homo fossile était globalement plus petit et massif que nos ancêtres directs, avec un bassin et une cage thoracique bien plus larges. Dans un nouvel article en passe d’être publié dans l’American Journal of Physical Anthropology les chercheurs estiment que ces différences anatomiques entre Néandertal et Sapiens relèveraient très probablement de facteurs alimentaires.

Depuis plusieurs années, une équipe de chercheurs affiliés à l’Université de Tel-Aviv se penche sur l’influence du régime alimentaire sur l’évolution des hominidés. En 2011, ils avaient ainsi publié un article montrant que la disparition de l’Homo erectus, «remplacé» par une lignée d’hominidés plus minces, plus agiles et plus intelligents, devait sans doute beaucoup à une modification de la nourriture environnante, passant d’une proportion élevée d’animaux gros, gras et relativement faciles à chasser –les ancêtres des éléphants– à des proies plus petites, véloces et moins riches en graisse.

Les dernières recherches sont plus précises et montrent que les Néandertaliens devaient leur large cage thoracique, et sa forme évasée caractéristique, à un régime alimentaire très riche en protéines, issues des divers mastodontes pullulants à l’ère glaciaire. Pourquoi ? Parce que pour métaboliser autant de protéines, l’évolution les avaient dotés d’un gros foie. De même, leur système urinaire –reins et vessie– était sans doute plus développé pour éliminer des quantités importantes d’urée, d’où un bassin plus imposant.

«Durant les rudes hivers de l’ère glaciaire, précise Miki Ben-Dor l’un des auteurs de l’étude, les glucides se faisaient rares et les ressources en graisses étaient très limitées. Par contre, le gros gibier, proie typique des Néandertaliens, proliférait. Une situation qui généra une adaptation à un régime très riche en protéines –un foie élargi, un système rénal étendu et leurs manifestations morphologiques correspondantes. Tout ce qui allait contribuer au processus évolutif de Néandertal.»

Une hypothèse qu’assoient de nombreuses études et expériences menées sur des animaux chez lesquels une alimentation riche en protéines a effectivement tendance à grossir le foie et les reins. Un phénomène que l’on détecte aussi chez les populations indigènes d’Arctique, qui se nourrissent principalement de viande: non seulement leurs foies sont plus larges mais ils ont aussi tendance «à boire beaucoup d’eau, souligne Ben-Dor, le signe d’une activité rénale accrue».

Néandertal (à gauche) et Homos sapiens (à droite)

Néandertal (à gauche) et Homos sapiens (à droite)

Par rapport à Homo sapiens, chez Néandertal le crâne est plus allongé vers l'arrière. Son ouverture nasale est plus grande. La mâchoire est plus large. Il est plus petit et plus trapu. Sa cage thoracique est plus bombée. Sa clavicule est plus large et son avant bras est plus long que le bras. Ses hanches sont plus évasées et son pubis est plus court. La longueur de ses cuisses est équivalente à celle de ses cuisses.

Source : Slate.fr

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