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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 10:39
LES AURIGNACIENS, PREMIERS HOMMES MODERNES À OCCUPER LE MAS D'AZIL

Une équipe d’archéologues et de géo-archéologues de l’Inrap et du laboratoire Traces (CNRS – université de Toulouse Jean Jaurès), intervient depuis 2011, sur prescription de l’État (Drac Midi-Pyrénées), dans la grotte-tunnel du Mas d’Azil en Ariège.

Ces recherches préventives et programmées s’intègrent dans un vaste projet de valorisation et de compréhension du site.

Les chercheurs retracent aujourd’hui une nouvelle histoire de la présence humaine au pied des Pyrénées. La mise en évidence d’une occupation aurignacienne liée à l’implantation des premiers hommes modernes dans cette partie de l’Europe est une découverte majeure. Ainsi, la Préhistoire du Mas d’Azil commence dès l’arrivée, il y a 35 000 ans, des premières populations du Paléolithique supérieur (les Aurignaciens et artistes de la grotte Chauvet). Leur succèdent, bien plus tard, les Magdaléniens qui pénètrent dans la grotte à la faveur d’une amélioration climatique. Ceux-ci laissent dans l’immense cavité de très nombreuses et célèbres œuvres d’art mobilier mais aussi rupestre. La fin du Pléistocène, marquée par un réchauffement climatique, voit l’émergence d’une nouvelle civilisation éponyme de la grotte : l’Azilien.

Largement explorée depuis 1860, la rive droite du Mas d’Azil a énormément souffert de sa découverte précoce. Il y a encore peu, elle était réputée ne contenir que quelques remblais de fouilles anciennes. Mais les récents diagnostics d’archéologie préventive ont révélé une importante stratigraphie de plusieurs mètres de haut. C’est la rivière de l’Arize, lors des différentes périodes glaciaires du Quaternaire, qui a déposé de séquences sédimentaires (galets, sables et limons) qui ont en grande partie colmaté la grotte. Ces phases d’ennoiement de la grotte n’avaient jamais été mises en évidence au Mas d’Azil. Or, elles sont particulièrement importantes pour l’histoire de la formation de la grotte mais aussi pour la connaissance de l’évolution des vallées pyrénéennes.

Les couches les plus anciennes sont scellées par les dépôts fluviatiles, et sont pour la plupart attribuables à l’Aurignacien (35 000-33 000 avant notre ère).

En effet, lorsque le climat s’est adouci, l’Arize a retrouvé son pouvoir d’érosion. C’est donc en recreusant ses propres dépôts qu’elle a rendu la grotte à nouveau accessible aux populations humaines. Les couches récentes datent de 14 700 avant notre ère et reposent directement sur les sédiments fluviatiles : l’occupation magdalénienne succède donc à cette phase d’ennoiement et de colmatage de la grotte. Un autre point d’importance a été mis en évidence au Mas d’Azil. Les Aurignaciens sont réputés ne pas habiter les grottes profondes. Or, de telles occupations ont été révélées ici. Cette découverte est majeure. L’apport des techniques actuelles de l’archéologie préhistorique permet, en outre, la remise en contexte d’une partie des collections conservées dans les musées.

Ainsi, la mise en évidence d’une séquence stratigraphique complexe, à la base de laquelle les Aurignaciens ont laissé de nombreux vestiges, est un apport important à la connaissance de la Préhistoire. L’étude de cette stratigraphie nouvelle, la compréhension des conditions de sa mise en place et l’extension de cette évaluation archéologique et géomorphologique à l’ensemble de la cavité sont très prometteuses. Ces recherches éclairent d’un jour nouveau l’Aurignacien dans les Pyrénées centrales françaises : le contexte est celui d’une vaste cavité de fond de vallée, dont le mode d’occupation pourrait être sensiblement différent ou complémentaire des "petites" grottes, souvent perchées dans le paysage, essentiellement connues jusqu’alors.

Source : Inrap

Crédit images : Denis Gliksman / Inrap

A l'intérieur du Mas d'Azil

A l'intérieur du Mas d'Azil

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Published by cro-magnon - dans News
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