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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 11:33

 

couvLes artistes du paléolithique ont-ils utilisé la technique des ombres chinoises pour exécuter les peintures sur les parois des grottes ? Oui, d'après la théorie que défendent Jean-Jacques Lefrère, professeur de médecine, et Bertrand David, peintre et dessinateur, dans un livre à paraître le 16 janvier, "La plus vieille énigme de l'humanité" chez Fayard.

Les hommes préhistoriques auraient utilisé, selon eux, l'ombre portée d'une figurine sculptée pour tracer d'un trait sûr le contour d'un cheval ou d'un bison sur la paroi des grottes, la source lumineuse étant une lampe à graisse placée derrière la statuette.

"J'ai eu cette intuition en étudiant les grottes ornées pour un projet", explique à l'AFP M. David, fasciné par le mystère des oeuvres réalisées par nos lointains ancêtres du Paléolithique supérieur.

"Nous avons fait de nombreuses expériences en appliquant un protocole rigoureux. Toutes se sont révélées concluantes", affirme-t-il.

A l'appui de leur thèse, les auteurs avancent plusieurs arguments: les figures d'animaux sont toujours de profil, comme des silhouettes. Et si le contour de l'animal est précis, l'intérieur est en général moins élaboré.

Par ailleurs, les figurines pouvaient être transportées aisément par ces nomades et le procédé transmis. Selon eux, il est aussi plus facile de modeler une figurine que de dessiner de mémoire un animal.

Pourquoi cette idée n'a-t-elle jamais été avancée par des préhistoriens ?

"C'est tellement simple que cela paraît presque trivial. Certains sont cependant passés très près", assure M. Lefrère, également historien de la littérature.

"Ce que nous voudrions, c'est que ce livre grand public permette aussi à des spécialistes de nous opposer des arguments, qu'il y ait débat et que notre hypothèse fasse avancer la connaissance", dit-il.

Pour Jean Clottes, la théorie des auteurs est "peu plausible".

"On ne peut pas prouver que ce procédé n'a jamais servi, mais cela va à l'encontre de la diversité des représentations. Deux bisons, deux lions ou deux chevaux ne sont jamais pareils, y compris dans la même grotte", explique-t-il à l'AFP.

"Si les dessins étaient stéréotypés, on pourrait éventuellement l'envisager, mais il n'en est rien. Et pourquoi auraient-ils fabriqué des tonnes de figurines plutôt que de dessiner ? Ils ne dessinaient pas d'après nature, c'étaient des images mentales. Les Aborigènes le font toujours", relève le préhistorien.

"Il n'y a d'homogénéité de l'art préhistorique que pour ceux qui le regardent de loin", renchérit Gilles Tosello.

"Cela ne veut pas dire que lumière et ombres, qui révélaient, accentuaient ou masquaient telle ou telle représentation, ne jouaient pas un rôle essentiel dans cet art", remarque ce préhistorien et artiste. "Mais ce courant a duré autant que les cultures qui le portaient: près de 30.000 ans. Il possède des traits communs, comme les arts de toute époque, mais aussi de fortes différences stylistiques".

"Quand on voit le talent, la diversité des tempéraments, des techniques, nul besoin, selon lui, d'avoir recours à des stratagèmes".

Je n'ai pas encore lu ce livre mais personnellement, je ne pense pas qu'il fera débat pendant très longtemps...

"La plus vieille énigme de l'humanité" (Fayard) - Bertrand David et Jean-Jacques Lefrère - 175 p. - 16 euros.

Source utilisée: RTBF.BE

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Published by cro-magnon - dans News
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commentaires

Sylvain David 18/02/2013 23:12

Ecrire d'un livre qu'il n'est pas bon, tout en disant qu'on ne l'a pas lu est incroyablement audacieux ! . Le lire, le trouver intéressant et en discuter publiquement est autrement compliqué.
Si j'écrivais : ce site est nul, d'ailleurs, je ne l'ai pas visité, pensez-vous que cela serait valable ?

pereg 30/01/2013 15:52

Décidément personne n'a pris la peine de lire le livre: les auteurs sont infiniment modestes et prudents, ils proposent une idée (pas une "théorie définitive"), en espérant que les vrais
spécialistes la mettront à l'épreuve (au lieu de balancer des contre-vérités et des arguments d'autorité). L'un des auteurs est un chercheur, il doit connaître l'importance des circuits de
validation (bizarrement Hominides.com ne cite que ses ouvrages littéraires alors qu'il a sur Wikipedia une biblio scientifique conséquente);
ils insistent sur le fait que cette technique n'ôte rien au talent des artistes mais permet d'expliquer une permanence de style sur un temps long et un espace très étendu, à une époque où on
conçoit difficilement des écoles itinérantes de peinture (pardon, mais c'est une hypothèse "officielle" actuelle, ni plus ni moins solide!). Les figurines existent, c'est de la pure mauvaise foi
(et l'argument "on ne les a pas retrouvées dans ces grottes" est faible, on n'a pas non plus retrouvé de pinceaux dans la chapelle sixtine, et les hommes ne vivaient pas dans ces salles ornées)

Bien que Clottes soit un immense savant, sa propre théorie sur l'art préhistorique n'a guère convaincu ses pairs, alors un peu de modestie, surtout dans une matière où beaucoup sont entrés par
passion avant d'être certifiés par l'université
D'ailleurs il dit lui-même que ça a pu être utilisé, mais à la marge. Cela tombe bien, les auteurs ne prétendent pas expliquer la totalité de l'art, peinture-gravure, mais rendre compte de points
troublants non élucidés.
Bref c'est agaçant ces logiques de chasse gardée.

Gilles 29/01/2013 12:49

"Je n'ai pas lu ce livre" : regardez au moins la vidéo : http://youtu.be/f8kvxDdgDQI

Mr Clottes ne me semble pas très rigoureux, comme scientifique : avant de pointer du doigt les différences et la variété, que pense t-il des ressemblances ? "Deux bisons, deux lions ou deux chevaux
ne sont jamais pareils, y compris dans la même grotte" : vraiment ? http://eric.lebrun.pagesperso-orange.fr/art_parietal_214.htm

Par ailleurs, il table d'emblée sur le talent pour expliquer cette qualité artistique. Or, tous les dessinateurs vous le diront : le "don du dessin" n'existe pas, cela exige énormément de recopie,
de travail, et d'analyse de tout ce qui fait notre culture graphique avant d'atteindre un minimum de qualité.

Or sur quoi pouvaient s'appuyer nos ancêtres ? Contrairement à aujourd'hui où tous les bébés sont familiarisés d'office avec des "images plates", eux n'avaient que les OMBRES pour admettre le
principe de la représentation plate d'une silhouette. Aucun autre exemple dans la nature de ce phénomène étrange. Le principe même du "dessin" a donc de très fortes chances de venir de là : une
ombre décalquée que l'on colorie pour la rendre plus "vraie".

Par la suite, certains ont pu s'affranchir de cette technique, mais elle est tellement simple et évidente que de très nombreux autres ont dû persister avec cette technique qu'il est très facile de
transmettre (contrairement à l'art graphique dont on néglige l'énorme difficulté d'acquisition).
De la même façon que vous utilisez une plateforme de blogs, avec des templates tout faits, au lieu de programmer votre propre site web en HTML, en vrai et pur artiste.

"Et pourquoi auraient-ils fabriqué des tonnes de figurines plutôt que de dessiner ?" : mais parce qu'ils les avaient déjà ! Contrairement au dessin qui exige une gymnastique de l'esprit, la
sculpture est bien plus naturelle à comprendre et à fabriquer pour ces travailleurs manuels. Elles devaient donc être très nombreuses à circuler, principalement en bois (qui a disparu) mais aussi
en os ou en pierre (on en a trouvé).
Or quoi de plus naturel que de décalquer ces figurines plutôt que l'ombre de personnes vivantes, sacrilège pour bon nombre de tribus, encore aujourd'hui (photos) ?

russe Picardie 17/01/2013 09:59

Donc on peut dire que l'ombre chinoise date de la préhistoire.

romain pigeaud 15/01/2013 12:44

tout à fait d'accord avec Gilles Tosello et Jean Clottes ! C'est encore une théorie soit-disant définitive élaborée par des préhistoriens de salon, ignorants de la bibliographie scientifique et de
la réalité du milieu souterrain. Où sont d'ailleurs les figurines qui auraient servi à ce décalque ? Ce qui me dérange le plus, c'est à nouveau ce discours sous-jacent qui veut nier le réel talent
des artistes paléolithiques et n'en faire que des brutes tout juste capables de décalquer.