Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 12:26

 

Découverte d'une sépulture du Paléolithique final à Cuges-les-Pins.

Depuis mars 2013, une équipe d’archéologues de l’Inrap explore, sur prescription de l’État (Drac Provence-Alpes-Côte-d’Azur), 1,8 hectare situé dans la ZAC des Vigneaux à Cuges-les-Pins (Bouches-du-Rhône). Cette fouille s’inscrit dans le cadre d’un projet d’aménagement confié à la SAEMPA par la communauté d’agglomération du Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Outre un habitat néolithique, les chercheurs exhument actuellement une sépulture paléolithique.

Seules 200 sépultures de cette période ont été exhumées en Europe, de l’Atlantique à l’Oural. Celle actuellement en cours de fouille à Cuges-les-Pins est attribuée à la fin du Paléolithique, c'est-à-dire entre environ 11 000 et 12 000 ans avant notre ère.
Elle constitue déjà une découverte d’exception. Ce squelette n’est que partiellement dégagé et beaucoup de questions demeurent. Toutefois, des silex taillés et un foyer témoignent d’un campement de plein air probablement contemporain de la sépulture.

Les outils en silex présents dans le comblement de la tombe sont caractéristiques de l’Épigravettien (ou Tardigravettien), un faciès culturel présent en Europe méditerranéenne, centrale et orientale à la fin du Paléolithique supérieur. Une datation Carbone 14, actuellement en cours, précisera la chronologie de cette sépulture, la première de cette culture en France.
Dans la continuité du Gravettien (27 000 à 20 000 ans avant notre ère), les outillages de l’Épigravettien (20 000 à 10 000 ans avant notre ère) comportent des pointes de silex particulières : des armatures (éléments destinés à être emmanchés sur des projectiles utilisés pour la chasse) réalisées à partir de petites lamelles rectilignes et transformées par retouche abrupte formant un dos opposé au tranchant. Les pointes mises au jour à Cuges-les-Pins correspondraient à l’Épigravettien final (environ 12 000 à 11 000 ans avant notre ère).
Les pratiques funéraires de l’Épigravettien récent ou final sont bien documentées dans la péninsule italienne, de la Vénétie à la Sicile. Huit sites y ont livré des inhumations correspondant à près d’une quarantaine d’individus. Toutes ces sépultures se trouvent toutefois dans des grottes ou des abris sous-roche, celle de Cuges-les-Pins est à ce jour la seule connue dans un contexte de plein air.
Dans les sépultures italiennes, les défunts sont généralement ensevelis allongés sur le dos et accompagnés de parures, d’outils, de vestiges de faune et d’ocre. Il n’est pas possible à ce stade de préciser si celui de Cuges-les-Pins est associé à un mobilier funéraire, ni de déterminer ses caractéristiques anthropologiques (âge, sexe, pathologie ou blessures éventuelles…). Les sédiments situés au-dessus du corps ont cependant livré trois petites perles, coquilles perforées d’un gastéropode méditerranéen : Cyclope neritea. Plus de mille perles de ce type ont été mises au jour dans la sépulture double épigravettienne de la Grotte des Enfants, de Balzi Rossi, à Vintimille (Ligurie)…

Ecoutez l'émission de Vincent Charpentier, le Salon noir, dédiée à cette découverte en cliquant ici.

Crane-Cuges-les-pins.JPG             Le crâne du défunt en cours de dégagement (crédit photo - C.Martinez Inrap)


Sources utilisées : INRAP / LaProvence.com

Partager cet article

Repost 0
Published by cro-magnon - dans News
commenter cet article

commentaires