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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 10:32

Six ans et demi après sa fermeture pour rénovation, le nouveau musée de l'Homme sera inauguré jeudi 15 octobre par François Hollande. Le public pourra le découvrir gratuitement pendant trois jours, de samedi à lundi.
Le musée s'appuie sur ses collections de préhistoire et d'anthropologie, auxquels s'ajoutent des objets d'ethnologie récemment acquis ou provenant notamment de donations. «Je suis sur un petit nuage. C'est très émouvant de voir ce musée rouvrir», déclare Evelyne Heyer, commissaire générale de la Galerie de l'Homme, le parcours permanent du musée qui se déploie sur 2.500 m². «J'ai fait la grève au début des années 2000 pour qu'il continue d'exister mais à l'époque peu de gens y croyaient», ajoute cette anthropo-généticienne.
Plus de 96 millions d'euros ont été investis au total par l'Etat pour permettre à ce musée ouvert en 1938 de rentrer de plain-pied dans le XXIe siècle. Le projet scientifique a été totalement repensé. La galerie permanente s'articule autour de trois questions fondamentales «Qui sommes-nous ? D'où venons-nous ? mais aussi Où allons-nous ?».

«L'homme fait partie du buissonnement du vivant. En termes biologiques, il n'est pas plus évolué que les autres» espèces, indique Evelyne Heyer. Dans l'«abri des ancêtres», plongé dans le noir, le visiteur se confronte à ses origines : il se retrouve face au célèbre crâne de Cro-Magnon dit du «vieillard». Cet Homo Sapiens, datant d'environ 28.000 ans, a été retrouvé en 1868 en Dordogne.
A ses côtés, le crâne de «la Dame de Cavillon», teinté d'ocre rouge et recouvert de coquillages. Il y a aussi les cousins : les hommes de Néandertal, représentés notamment par l'Homme de la Ferrassie, le site où il a été découvert en Dordogne. Plus loin on découvre la trousse à outils de la préhistoire: des instruments pour couper, inciser, rainurer, gratter... La «salle des Trésors», maintenue dans la pénombre, abrite la Vénus de Lespugue, une petite statuette aux formes généreuses réalisée en ivoire de mammouth il y a environ 23.000 ans. Mais il y a aussi la toute petite «Vénus impudique» au sexe marqué par le sculpteur.
Le musée insiste sur la diversité humaine. Au cœur de la galerie de l'Homme, une structure de 11 mètres de haut sur 19 mètres de long présente une envolée de 90 bustes en bronze et en plâtre réalisés au XIXe siècle par des scientifiques à partir de moulages sur des populations autochtones d'Amérique, d'Afrique ou d'Asie.
La richesse des langues (7.000 recensées sur la planète) est évoquée de façon ludique, chacun étant inviter à tirer sur une langue pour l'entendre. Tout au long du parcours, les scientifiques du musée ont eu à cœur de replacer l'Homme dans son environnement. «L'Homme a commencé à avoir un impact sur la planète à partir du Néolithique lorsqu'il se met à domestiquer la nature», relève Evelyne Heyer. «Il y a eu une explosion démographique et les maladies sont apparues.»

Le parcours se termine par une interrogation sur le devenir de l'Homme : surexploitation des ressources, biodiversité menacée, «homme augmenté» grâce aux technologies.

«La visite permet de réaliser que nous ne sommes qu'une espèce parmi beaucoup d'autres. Que nous sommes le fruit d'une longue histoire compliquée. Et que nous sommes peut-être en train de mettre à mal le résultat de cette histoire. Il faut qu'on apprenne à redevenir modeste», résume Bruno David, président du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN), qui chapeaute le musée de l'Homme.

Source : leparisien.fr

Dernière mise en place avant la réouverture

Dernière mise en place avant la réouverture

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 11:00

Les hominidés qui vivaient il y a environ 2 millions d’années avaient une audition intermédiaire, comparée à celle des humains et des chimpanzés, qui offre une nouvelle vision de la façon dont ils pouvaient communiquer.

Selon les travaux de chercheurs espagnols, Australopithecus africanus et Paranthropus robustus étaient en effet plus sensibles aux fréquences comprises entre 1,5 et 3,5 kHz tandis que leur intervalle d’audibilité était légèrement décalé vers les hautes fréquences, par rapport à celui des chimpanzés, les rapprochant légèrement de l’audition des humains.

D’après les chercheurs, cela ne signifie bien sûr pas que ces deux espèces éteintes d’hominidés étaient dotées d’un langage parlé, mais qu’elles utilisaient probablement une forme de communication basée sur des sons ressemblant à ceux du langage parlé : leurs capacités auditives sont en effet compatibles avec une communication vocale à courte portée, dans des environnements ouverts, telle que la savane où ces espèces habitaient.

Ces caractéristiques physiologiques sont le reflet de structures anatomiques mises en évidence par les chercheurs suite à une analyse comparée, consistant à confronter les structures fossiles d’individus de ces deux espèces, découvertes sur les sites de Sterkfontein et Swartkrans, en Afrique du Sud, avec celles de chimpanzés et des humains, puis à modéliser les capacités auditives en fonction de l’anatomie. En effet, comme l’indiquent les chercheurs dans leur publication, « l’audition se prête particulièrement bien à l’étude des fossiles, car elle est fortement liée aux propriétés physiques qui peuvent être mises en évidence grâce aux structures du squelette. »

Rolf Quam, qui a dirigé ces recherches, indique qu’il serait intéressant d’étudier les capacités auditives d’autres hominidés, plus récents, comme ceux appartenant au genre Homo, afin d’en apprendre davantage sur l’émergence des capacités auditives de l’humain moderne et, par extension, sur le développement du langage.

Source : edp-audio.fr

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 13:55
Dent retrouvée à Tautavel
Dent retrouvée à Tautavel

C'est dans les niveaux anciens en cours de fouille qui correspondent à une période froide et sèche, d'environ 560 000 ans que deux jeunes chercheurs bénévoles de la grotte de Tautavel viennent de mettre au jour une dent qui se trouvait au milieu des restes osseux des repas laissés par les chasseurs acheuléens qui occupaient la grotte à cette période.

«C'est une découverte d'autant plus importante qu'on a très peu de données fossiles pour cette période de la Préhistoire», relève Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France. La dent pourrait livrer de précieux renseignements sur le régime alimentaire de son propriétaire. Pour l'instant, son état d'usure extérieur indique que ce régime était plutôt abrasif, mais aussi que l'individu se servait de sa dentition comme d'un outil, pour mâcher le cuir ou couper des tendons.

La dent trouvée la semaine dernière, une incisive latérale droite, est le 149ème reste d'hominidé découvert dans la grotte et son ou sa propriétaire était environ âgé(e) de 25 à 35 ans.

La grotte de l’Homme de Tautavel est l'un des plus importants gisements préhistoriques du monde qui est fouillé depuis 1964 par Henry de Lumley.

En juillet 1971, l’équipe du professeur Henry de Lumley découvre après 7 années de fouilles méthodiques un crâne (une face et un frontal) qui appartenait à un homme âgé d'une vingtaine d'années, mesurant environ 1,65 m pour un poids de 45 à 55 kg. Son front était plat et fuyant et ses arcades sourcilières proéminentes. Les surfaces d'insertion musculaire indiquent une musculature développée. La boîte crânienne a un volume de 1 150 cm3.

Il occupait la grotte il y a 450 000 ans et fût baptisé l'Homme de Tautavel.

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 07:00

Alors que la grotte Chauvet est à l'honneur avec le succès rencontré par l'ouverture de son fac-similé, il est bon de signaler la réédition du premier roman préhistorique de Jean-François Perret, "La faille du temps", aux éditions des Millénaires.

Ce roman dont l'histoire se passe de nos jours et à l'époque des peintres de Chauvet est préfacé par Jean Clottes.

Vous pouvez lire ici l'entretien que nous avais donné Jean-François Perret lors de la sortie de son ouvrage.

RÉÉDITION DU ROMAN "LA FAILLE DU TEMPS"
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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 11:06

En 1957 il espérait trouver une autre entrée à la grotte de Lascaux, il découvrira finalement une sépulture néandertalienne.

Le gisement de Regourdou renferma d'incroyables fragments d'histoire. Roger CONSTANT et des archéologues y découvrirent une tombe de Neandertal construite en pierre sèche et surmontée d'une dalle funéraire pesant 850 kg. Il s'agit de la plus vieille tombe avec coffrage en pierre de l'humanité. Comme celle-ci était instable, la dalle fût détruite et tous ces hommes y découvrirent 2 squelettes :

  • Un squelette de Neandertal, en position fœtale était déposé autour de lui, des outils et des trophées de chasse. Datant de plus de 70 000 ans, c'est l'un des squelettes de Néandertalien les plus anciens d'Europe.
  • Un squelette d'ours brun qui fût sacrifié en l'honneur de Neandertal.

Autour de cette tombe, fut découverte une vingtaine de petits caissons en pierre, qui contenaient de nombreux ossements d'ours (crânes, mâchoires ... ).

De nombreuses de ces trouvailles sont à présent exposées au musée de Regourdou.

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 10:23

Au Rozel, les archéologues jouent la montre face à la mer

Depuis 2012, tous les étés, une équipe d’archéologues s’installe sur la dune de la plage du Pou près de Rozel. Ils découvrent les restes fossilisés d’un camp de chasse et de cueillette vieux de 115.000 ans. Des trésors historiques et des découvertes très importantes que la mer qui grimpe pourrait balayer à tout instant.

Il suffirait d’une grosse tempête pour détruire les restes de ce camp de chasse et de cueillette vieux de 115.000 ans, où les hommes de Neandertal s’installaient six mois de l’année. D’ailleurs c’est arrivé l’an dernier. Entre la nuit du 31 décembre 2013 et celle du 1er janvier 2014, une simple marée a emporté une grosse partie de la dune, et avec elle, des trésors peut-être inestimables. Car sous le sable de la plage du Pou, l’équipe d’archéologues fait de grandes découvertes.

Du coup, les chercheurs mettent le turbo à chaque campagne de fouille. D’abord, ils creusent au pinceau trois mois par an quand un chantier classique dure seulement un mois et demi en général. Et depuis 2012, ils ont déterrés déjà six niveaux de fouilles et pas moins de 20.000 objets ou empreintes de pas. Y compris des pas de bébés. Découverte importante puisque jusqu’ici, les spécialistes pensaient que seuls les adultes s’installaient dans ces camps temporaires de chasse et de cueillette l’hiver, et pas toute la communauté.

Grâce aux ossements d’animaux découverts pendant ces fouilles manchoises, on sait maintenant, aussi, que nos ancêtres chassaient le cerf, le cheval et le bœuf sauvage. La preuve, les archéologues ont retrouvés des os proprement nettoyés. En revanche, on ne sait pas encore quels genres de plantes cueillaient les hommes de Neandertal. Mais les chercheurs du Rozel nous donneront bientôt la réponse. Ils ont découvert récemment des crottes humaines fossilisées. L’analyse des sédiments à l’intérieur, nous dira bientôt ce qu’ils mangeaient.

Fouilles sur la plage du Pou en Normandie

Fouilles sur la plage du Pou en Normandie

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 09:09

L’analyse d’une molaire d’un squelette âgé de 14.000 ans, et conservé à l’université de Ferrare (Italie), prouve en effet que celle-ci a été forée de façon méthodique à l’aide d’un outil en silex. Ce qui constitue la plus ancienne intervention chirurgicale dentaire jamais décrite à ce jour ! Cette étonnante séance chez le dentiste a eu lieu au paléolithique supérieur, dans le nord de l’Italie, selon Stefano Benazzi, paléoanthropologue à l’université de Bologne. C’est en utilisant un microscope électronique à balayage que les chercheurs ont fait cette découverte stupéfiante sur cette mâchoire mise au jour en 1988 dans un des abris sous-roche de Ripari Villabruna, dans le Val du Cismòn, au cœur des Dolomites (Vénétie). "La cavité présente sur la molaire avait jusqu’alors été décrite comme une lésion carieuse, mais il s’agissait en fait de tout autre chose !", explique Stefano Benazzi. Des stries particulières ont en effet été relevées sur la surface interne de la perforation de cette molaire inférieure. Et prouvent l’usage d’un microlithe -un petit outil de pierre taillée- pour le creusement de la dent afin que le "praticien" puisse accéder aux tissus infectés.

Si ce cas de chirurgie dentaire est le plus ancien jamais décrit, il n’est cependant pas le premier découvert chez nos aïeux de la préhistoire. En 2006, d’autres chercheurs italiens avaient pu observer, sur une dent provenant d’une mâchoire néolithique vieille de 6500 ans trouvée en Slovénie au 19e siècle, la présence d’une fissure colmatée à la cire d’abeille. Une substance connue pour ses propriétés antibactériennes.

Source : Sciencesetavenir.fr

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 09:29
NOMINATION DU DIRECTEUR DE LASCAUX 4

Guillaume Colombo vient d'être nommé directeur d'exploitation du centre international d'art pariétal de Lascaux, autrement dit du futur fac similé de la grotte qui ouvrira ses portes en 2016 à Montignac.

Guillaume Colombo a été directeur de l'office de tourisme et des congrès de Mulhouse (Haut-Rhin) et a participé à l'élaboration de l'établissement public du Domaine national de Chambord.

Âgé de 33 ans, il est titulaire du titre d'ingénieur maître après avoir suivi un cursus en Institut universitaire professionnalisé Métiers des arts et de la culture avec une spécialisation "tourisme et patrimoine" et obtenu un BTS Tourisme.

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 12:19
Vue générale des environs du site de Lomekwi, rive occidentale du lac Turkana
Vue générale des environs du site de Lomekwi, rive occidentale du lac Turkana

Après l’annonce rapportant la découverte des plus vieux outils de pierre taillée au monde, lors du colloque annuel de la Société de paléoanthropologie de San Francisco le 14 avril dernier, des chercheurs du CNRS, de l’Inrap et de l’université de Poitiers publient leurs résultats dans Nature, le 21 mai 2015. Ces derniers rapportent la découverte, au Kenya, de ces outils de pierre taillée, vieux de 3,3 millions d’années. Alors que la communauté scientifique a longtemps supposé que les premiers outils de pierre avaient été fabriqués par le genre Homo, cette découverte montre qu’un autre genre d’hominidé, peut-être une forme d’australopithèque beaucoup plus ancienne, avait déjà toutes les capacités nécessaires à la fabrication d’outils.

Voici le communiqué de presse de l'Inrap.

Le lac Turkana, situé au nord du Kenya, regroupe de nombreux sites archéologiques datant de 700 000 ans à plus de trois millions d’années. Ces sites livrent des outils des plus primitifs aux plus perfectionnés. Depuis trente ans, des recherches menées dans le cadre de la Mission préhistorique au Kenya et du « West Turkana Archaeological Project », ont permis de reconstituer l’évolution technique de la taille de la pierre au cours du temps, essentielle pour mieux comprendre les capacités cognitives et motrices des premiers hominidés. Les nouveaux vestiges trouvés par les chercheurs sur la rive occidentale du lac Turkana datent de 3,3 millions d’années et font instantanément reculer de 700 000 ans l’apparition des premiers outils de pierre taillée, les plus anciens retrouvés jusqu’à présent, en Ethiopie, datant de 2,6 millions d’années. Ces nouveaux outils mis au jour sont en majorité des blocs de lave, lourds et volumineux, qui ont servi à produire des éclats tranchants au moyen d’une technique dite sur enclume. Cette technique nécessite trois objets bien distincts : le bloc à tailler, un percuteur et une enclume. Le bloc est maintenu sur l’enclume par une main pendant que l’autre utilise le percuteur pour frapper et obtenir des éclats tranchants à partir du bloc. D’autres outils ont été élaborés grâce à une technique différente, dite « sur percuteur dormant » : le bloc à tailler est directement percuté sur l’enclume. Malgré l’aspect rudimentaire de ces outils, la vaste panoplie d’objets retrouvée sur le site (éclats, enclumes, percuteurs, nucléus), indique clairement que l’intention de ces hominidés était bien de créer des outils.

La région du Turkana étant très volcanique, la datation du site, et indirectement de ces pierres taillées, a été réalisée notamment par téphrostratigraphie, une technique qui revient à dater par des procédés physico-chimiques les couches de cendres intercalés avec les sédiments dans lesquelles sont emprisonnés les outils. Les chercheurs ont doublé leurs mesures avec la méthode du paléomagnétisme qui consiste à prélever des sédiments autour des outils et à mesurer leur polarité (celle-ci dépend de l’orientation du champ magnétique terrestre, variable en fonction des époques).

Cette découverte, qui révolutionne nos connaissances sur l’évolution humaine, apporte la première preuve archéologique de l’existence des capacités cognitives et motrices nécessaires à la fabrication d’outils en pierre dure chez des hominidés, il y a déjà plus de 3 millions d’années. Les conditions de l’émergence de ces outils sont à élucider : les investigations se poursuivent donc sur ce site de la rive occidentale du Turkana, qui n’a pas encore livré tous ses secrets.

Outil mis au jour lors de la fouille

Outil mis au jour lors de la fouille

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 10:39
LES AURIGNACIENS, PREMIERS HOMMES MODERNES À OCCUPER LE MAS D'AZIL

Une équipe d’archéologues et de géo-archéologues de l’Inrap et du laboratoire Traces (CNRS – université de Toulouse Jean Jaurès), intervient depuis 2011, sur prescription de l’État (Drac Midi-Pyrénées), dans la grotte-tunnel du Mas d’Azil en Ariège.

Ces recherches préventives et programmées s’intègrent dans un vaste projet de valorisation et de compréhension du site.

Les chercheurs retracent aujourd’hui une nouvelle histoire de la présence humaine au pied des Pyrénées. La mise en évidence d’une occupation aurignacienne liée à l’implantation des premiers hommes modernes dans cette partie de l’Europe est une découverte majeure. Ainsi, la Préhistoire du Mas d’Azil commence dès l’arrivée, il y a 35 000 ans, des premières populations du Paléolithique supérieur (les Aurignaciens et artistes de la grotte Chauvet). Leur succèdent, bien plus tard, les Magdaléniens qui pénètrent dans la grotte à la faveur d’une amélioration climatique. Ceux-ci laissent dans l’immense cavité de très nombreuses et célèbres œuvres d’art mobilier mais aussi rupestre. La fin du Pléistocène, marquée par un réchauffement climatique, voit l’émergence d’une nouvelle civilisation éponyme de la grotte : l’Azilien.

Largement explorée depuis 1860, la rive droite du Mas d’Azil a énormément souffert de sa découverte précoce. Il y a encore peu, elle était réputée ne contenir que quelques remblais de fouilles anciennes. Mais les récents diagnostics d’archéologie préventive ont révélé une importante stratigraphie de plusieurs mètres de haut. C’est la rivière de l’Arize, lors des différentes périodes glaciaires du Quaternaire, qui a déposé de séquences sédimentaires (galets, sables et limons) qui ont en grande partie colmaté la grotte. Ces phases d’ennoiement de la grotte n’avaient jamais été mises en évidence au Mas d’Azil. Or, elles sont particulièrement importantes pour l’histoire de la formation de la grotte mais aussi pour la connaissance de l’évolution des vallées pyrénéennes.

Les couches les plus anciennes sont scellées par les dépôts fluviatiles, et sont pour la plupart attribuables à l’Aurignacien (35 000-33 000 avant notre ère).

En effet, lorsque le climat s’est adouci, l’Arize a retrouvé son pouvoir d’érosion. C’est donc en recreusant ses propres dépôts qu’elle a rendu la grotte à nouveau accessible aux populations humaines. Les couches récentes datent de 14 700 avant notre ère et reposent directement sur les sédiments fluviatiles : l’occupation magdalénienne succède donc à cette phase d’ennoiement et de colmatage de la grotte. Un autre point d’importance a été mis en évidence au Mas d’Azil. Les Aurignaciens sont réputés ne pas habiter les grottes profondes. Or, de telles occupations ont été révélées ici. Cette découverte est majeure. L’apport des techniques actuelles de l’archéologie préhistorique permet, en outre, la remise en contexte d’une partie des collections conservées dans les musées.

Ainsi, la mise en évidence d’une séquence stratigraphique complexe, à la base de laquelle les Aurignaciens ont laissé de nombreux vestiges, est un apport important à la connaissance de la Préhistoire. L’étude de cette stratigraphie nouvelle, la compréhension des conditions de sa mise en place et l’extension de cette évaluation archéologique et géomorphologique à l’ensemble de la cavité sont très prometteuses. Ces recherches éclairent d’un jour nouveau l’Aurignacien dans les Pyrénées centrales françaises : le contexte est celui d’une vaste cavité de fond de vallée, dont le mode d’occupation pourrait être sensiblement différent ou complémentaire des "petites" grottes, souvent perchées dans le paysage, essentiellement connues jusqu’alors.

Source : Inrap

Crédit images : Denis Gliksman / Inrap

A l'intérieur du Mas d'Azil

A l'intérieur du Mas d'Azil

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