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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 13:05

 

couverture Préhistoire AtlantiqueErrance Editions vient de sortir un nouvel ouvrage extrêmement intéressant, écrit par Grégor Marchand, directeur de recherche au CNRS. Un livre qui fourmille de détails sur les chasseurs-cueilleurs de la côte atlantique dont voici le résumé.

Dolmens et menhirs si emblématiques de la France atlantique sont nés dans des sociétés paysannes, comme une solution à la fois technique et symbolique aux conflits et interrogations de ces communautés néolithiques.
Mais ces communautés, qui sont-elles ?
En comprendre la nature et la formation impose de plonger très loin dans le temps, au coeur des groupes de chasseurs-cueilleurs installés depuis des millénaires en ces lieux. Les différentes formes des sociétés agricoles en Europe doivent beaucoup en effet aux peuples autochtones, qui ont su assimiler les règles de fonctionnement des différents espaces géographiques.
Cet ouvrage propose d’examiner cette genèse complexe en France atlantique, siège notamment des chasseurs-cueilleurs maritimes de la célèbre nécropole de Téviec dans le Morbihan. Les découvertes archéologiques les plus récentes et le bouillonnement actuel des recherches sur les environnements du passé offrent des éclairages originaux sur un processus qui démarre à la fin des temps glaciaires. Ces quelques millénaires connurent des changements naturels d’une intensité jamais égalée par la suite : renouvellement radical de la faune et de la flore, hausse du niveau moyen des océans, celle-ci d’une telle ampleur que le contour même des continents en fut bouleversé. L’Océan atlantique apparaît comme une composante essentielle de cette histoire. Sur un littoral en constante transformation, les groupes préhistoriques ont su extraire leur subsistance et développer des organisations économiques et sociales originales, en constante évolution. L’opposition entre les peuples de la terre et ceux de la mer, les réseaux d’habitats bien différenciés, les nécropoles aux rites si complexes, caractérisent les modes de vie lors de cette période d’incubation.
Le fonctionnement de ces sociétés peut enfin être esquissé, avec un recours raisonné aux comparaisons ethnographiques. Quelle était l’organisation de ces économies de chasse-cueillette? Quelles étaient les bases alimentaires et les pratiques de prédation ? Quelles distances parcouraient les hommes et les femmes au quotidien et sur un cycle annuel ? Combien d’individus occupaient la France au Mésolithique ? Que nous disent les nécropoles de Téviec, Hoëdic ou la Vergne de l’organisation sociale avant le Néolithique ?
Le panorama ainsi établi pour ces quelques millénaires cruciaux révèle toute l’originalité des économies et des sociétés qui ont investi les rivages atlantiques lors de la Préhistoire récente.

L'auteur, Grégor Marchand est directeur de recherche au CNRS et il enseigne à l'université de Rennes 1. Il est spécialiste de technologie lithique et a participé à de nombreuses fouilles sur des sites du Paléolithique final au Néolithique dans l'ouest de la France.

Son blog personnel est accessible en cliquant ici.

Un ouvrage que vous pouvez vous procurer sur le site de vente en ligne de la librairie Picard & Epona.

Préhistoire atlantique : Fonctionnement et évolution des sociétés du Paléolithique au Néolithique.

Auteur : Grégor Marchand

Préface : Jean Guilaine

ISBN 978-2-87772-567-5

528 pages

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 14:58

 

Matières d'art couvertureDeux nouveaux ouvrages sur la préhistoire viennent de sortir aux Éditions Errance.

Matière d'art, sous la direction du très sérieux préhistorien Romain Pigeaud, de Lucette Mons et de Stéphane Pean, est un ouvrage collectif qui est parti d'un constat : celui d’une certaine hétérogénéité des travaux portant sur l’art mobilier ; et d’une ambition : celle de parvenir à une première synthèse sur l’utilisation des matières dures d’origine animale comme supports des représentations préhistoriques.
L’étude de la matière (os, dent ou bois de cervidé) a été privilégiée pour, d’une part, répondre aux questions de son approvisionnement et des problèmes techniques qu’elle a pu poser à l’artiste dans la conception des pièces d’art mobilier et, d’autre part, mettre en évidence les solutions que celui-ci a choisies. Les auteurs ont étudié  différents types d’objets gravés et sculptés en matières dures d’origine animale, trouvés dans les sites préhistoriques et ont tenté d'apporter des réponses aux questions suivantes : quels sont les rapports qu’entretiennent les représentations avec leur support ? Dans quelle mesure l’artiste est-il lié au matériau qu’il s’est choisi pour réaliser son oeuvre ? Sont pris en compte aussi bien le matériau travaillé que la technique utilisée, le savoir-faire artistique et le comportement symbolique.

Un livre très technique, qui est plutôt destiné aux étudiants et aux amateurs de préhistoire très éclairés. A noter qu'un CD-Rom avec de très belles images d'art mobilier est inclus dans cet ouvrage.

Les auteurs : R. Pigeaud, S. Pean, L. Mons, C. Vercoutère, F.-X Chuvière, M. Laznickova-Galetov, P. Cattelain, C. Bellier, C. San Jaun-Foucher, E. David, L. Filippi, C. Dufayet.

ISBN 978-2-87772-526-2
prix indicatif : 45,00€

Vous pourrez rencontrer une partie des auteurs le mardi 18 mars à 19 h à la librairie parisienne PICARD & EPONA - 82 rue Bonaparte - 75006 Paris.

 

Néandertal Cro-magnon couvertureNéandertal / Cro magnon - La rencontre, sous la direction de Marcel Otte, est aussi un ouvrage collectif.
La rencontre entre Néandertal et les Hommes modernes constitue le fondement de toute l’histoire européenne. L’apport de populations extérieures a provoqué d’innombrables réactions à travers le continent, fondées sur les traditions régionales antérieures. Les civilisations écloses ont à la fois inventé l’art figuratif et les modes de propulsions balistiques aux sources d’une nouvelle densité démographique, fondements des Européens actuels. Durant environ cinq millénaires, le continent européen fut progressivement bouleversé d’Est en Ouest. Toutes ces régions inventèrent de nouveaux modes de stabilisation culturelle d’une extrême complexité. Chaque région est ici traitée par les meilleurs spécialistes distribués selon les processus d’acculturation régionaux. Cet ouvrage constitue un substantiel corpus de données et d’interprétations. Il illustre ces métamorphoses, entre traditions et flux d’idées extérieures.

Ce livre contient aussi des textes en anglais et s'adresse également aux étudiants et amateurs éclairés.

ISBN 978-2-87772-561-3
prix indicatif : 45,00€

Le préhistorien Marcel Otte présentera cet ouvrage le vendredi 28 mars à 11h à la librairie parisienne PICARD & EPONA - 82 rue Bonaparte - 75006 Paris.

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 11:14

 

Un portail internet répertoriant toutes les données électroniques du monde sur les mammouths, sera bientot en ligne.

Créé par une équipe de l'Académie des Sciences de la République de Russie, le portail est actuellement en phase de tests, comme l'a expliqué Albert Protopopov, directeur du Département d’étude des mammouths de l’Académie des Sciences de Yakoutie.

« Il est encore en phase d’essai, mais nous pensons que d’ici mars il fonctionnera pleinement. Il s’agit de réunir sur un seul portail d’information l’ensemble des données paléontologiques dont disposent diverses institutions en Russie, aux Etats-Unis, en Europe et même en Afrique. Il y aura deux langues de travail : l’anglais et le russe. Ce projet est soutenu par les instituts russes menant des recherches en paléontologie et par le Centre de recherche Mammoth Hot Springs aux Etats-Unis. »

Selon le scientifique, le portail a été créé grâce aux fonds récoltés par l’exposition à l’étranger du bébé mammouth surnommé Youki. Celui-ci a été découvert en Yakoutie en 2010 et a vécu dans la région il y a 40 000 ans. Et bien qu’il ne s’agisse pas de la première découverte de la sorte, elle est unique : le cerveau de Youki a été conservé, ce qui n’avait jamais été le cas lors de la découverte d’autres fossiles de mammouths. Généralement, même si le crâne était conservé, le cerveau ne l’était pas en raison des processus de dessèchement et de putréfaction, souligne le spécialiste : « Cette découverte est proprement unique, car c’est le seul cerveau de mammouth intact dont la science a pu bénéficier. Il a un peu séché mais a conservé sa forme. En se basant sur celui-ci, il va être possible de constituer un atlas du cerveau du mammouth. C’est une avancée importante : il s’agira d’un atlas grâce auquel nous allons pouvoir commencer à travailler sur les caractéristiques comportementales des mammouths, leur variabilité écologique, notamment en le comparant au cerveau des éléphants. »

Ce portail consacré aux mammouths, fera l’objet d’une présentation officielle en mars en Yakoutie, puis sera soumis aux critiques de par la communauté scientifique internationale lors d’une conférence qui se tiendra en Grèce en mai prochain.

mammouth.jpg              

Source : La voix de la Russie

 

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 16:29

 

A partir d'aujourd'hui, la grotte d'Altamira réouvre ses portes.

Fermée depuis 2002, la grotte d’Altamira, située à Santillana del Mar, en Cantabrie, va désormais, à titre expérimental, ouvrir ses portes à 5 visiteurs chaque semaine pour des visites limitées à 37 mn jusqu'au mois d'août. Un bilan de l'impact de  cette présence humaine sur les peintures sera alors réalisé.

Avant chaque visite, les participants seront informés des règles à respecter et devront revêtir des combinaisons, bonnets, masques ainsi que des chaussures spéciales.

Durant les visites, des contrôles seront effectués de la température de  l'air et de la roche, de l'humidité de l'air, de la contamination  microbiologique, des eaux d'infiltration et de la teneur en CO2.

A quand une réouverture expérimentale de la grotte de Lascaux ?

Altamira                                                  Peintures dans la grotte d'Altamira


Source : Francetvinfo.fr


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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 07:24

 

Une étude franco-anglaise menée sur plus de 1200 squelettes féminins et masculins datés de - 30 000 à nos jours indique qu'à la période préhistorique, les hommes avaient le monopole des activités de lancer. Pour cette étude publiée dans le Journal of Archeological Science, les chercheurs ont examiné les lésions osseuses au niveau des coudes de ces individus.

L'étude des atteintes au niveau des insertions des tendons sur le coude de plus de 1200 squelettes indique qu'à la différence de toutes les autres époques, les sujets préhistoriques de sexe masculin avaient le monopole de certaines activités comme le lancer. "Les médecins du sport et du travail le savent bien: la répétition d'un geste finit par laisser des traces sur le squelette, raconte Sébastien Villotte, chercheur CNRS au laboratoire Du passé à l'actuel: culture, environnement et anthropologie (PACEA), Nous savions que dans les sociétés traditionnelles pré-industrielles, il existe un certain nombre d'activités tabous pour les femmes: par exemple, dans les groupes de chasseurs cueilleurs actuels, les femmes peuvent chasser mais n'utilisent pas d'armes perforantes. Nous avons voulu en savoir plus sur ces pratiques en examinant de façon systématique les lésions osseuses au niveau du coude d'hommes et de femmes de la préhistoire à nos jours".

1200 squelettes européens datés de -30 000 à nos jours ont été passés au crible. Les chercheurs ont calculé un ratio: celui de la fréquence d'atteintes de la face externe du coude relativement aux atteintes de la face interne. "Les lésions de la face externe sont assez fréquentes de nos jours et peuvent avoir de nombreuses causes. Celles de la face interne sont beaucoup plus rares et le plus souvent associées au geste du lancer, effectué de manière répétée lors d'une activité sportive (javelot, baseball...) ou professionnelle (utilisation de matreau en charpenterie par exemple)", explique Sébastien Villotte. Les résultats obtenus ne laissent pas d'étonner: si pour les périodes les plus récentes - de l'Antiquité au XXe siècle -, on observe un ratio systématiquement supérieur à 1 chez les hommes et les femmes, côté gauche et droit, celui-ci s'inverse du côté droit pour les hommes préhistoriques uniquement, indiquant une prévalence forte des activités de lancer.
"Il semble donc qu'il ait existé, au cours de la préhistoire européenne et durant plusieurs millénaires, une division sexuelle du travail stricte pour les activités physiques impliquant le geste du lancer, indique Sébastien Villotte. On pense évidemment au lancer d'objets comme des javelots ou des pierres, mais d'autres activités, comme l'utilisation haches ou de masses, peuvent également avoir causé ces lésions".

 Pointes de sagaies

                                 Pointes de sagaies Magdaléniennes en os de renne

Source : Techno-science.net

Crédit image : Didier Descouens

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 13:22

 

Proches cousins des éléphants, les mammouths ont régné des millénaires au travers des plaines et des steppes pendant le paléolithique. Selon une étude publiée dans "Nature", c'est la pénurie de plantes très riches en protéine, constituant l'essentiel de leur alimentation, qui a causé leur disparition.

Une équipe de scientifiques danoise, dirigée par Eske Willerslev, a étudié le contenu d'estomacs de ces animaux retrouvés momifiés ou congelés dans la terre de régions arctiques, ainsi que leurs matières fécales et leur ADN. Ils ont ainsi découvert que ceux-ci se nourrissaient presque exclusivement de dicotylédones herbacées, des plantes riches en protéines qui recouvraient en partie le sol en Amérique du Nord, en Europe et en Asie.
Il y a 25 000 ans, le changement de la végétation a commencé, due à un refroidissement des températures et il s'est terminé il y 10 000 ans environ. C'est la raréfaction de ce mets de choix, qui aurait entraîné la disparition progressive, en 10 000 ans, des troupeaux de mammouths et de rhinocéros laineux.

"Notre étude contredit la théorie selon laquelle l’être humain est responsable de cette extinction de masse", explique Eske Willerslev. Mais le chercheur n'exclut pas que la chasse pratiquée par les hommes préhistoriques ait porté le coup de grâce aux grands mammifères. 

defense-mammouth.jpgSources : Dailymail / Francetvinfo.fr

 

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 15:56

 

Communiqué de presse du CNRS en date du 4 février 2014.

Une équipe franco-turque, codirigée par le Centre de Recherche en Géosciences de l'Environnement (CNRS, Université Aix Marseille Aix en Provence), le laboratoire Histoire naturelle de l'Homme Préhistorique (CNRS, MNHN) et l’Institut de paléontologie humaine (Paris) a pu dater à plus de 1 à 1,1 millions d’années les dépôts renfermant l’homme de Kocabas, le plus vieux fossile d’hominidé découvert en Turquie. Ce résultat précise l’histoire de la dispersion des hominidés. Une étude parue dans la revue Earth and Planetary Science Letters.

La dispersion du genre Homo à partir de son berceau africain vers l’Eurasie, avec en particulier les relations entre Asie orientale (Indonésie, Chine) et Europe de l'Ouest, reste encore très mal connue du fait de la rareté des fossiles géographiquement intermédiaires. En particulier le nombre de vagues de colonisation et leur époque, par différentes espèces (ergaster, erectus, antecessor…) dont la distinction est sujette à controverse, est disputée. C’est pourquoi la datation du plus vieil hominidé de Turquie, retrouvé dans un travertin du bassin de Denizli (dans une formation voisine du fameux travertin de Pamukkale) était très attendue. Bien peu de reste d’hominidés sont connus en Turquie, principalement des Homo neanderthalensis dans la grotte de Karain.

Kocabas.jpg

                                    Fragments du crâne de l'homme de Kocabas

Le crâne, récupéré par MC Alcicek de l’Université de Pamukkale, est morphologiquement proche des fossiles éthiopiens datés entre 1 et 1,6 Ma et pourrait donc correspondre au passage de la « première vague » d’Homo erectus en Europe, datée vers 1 à 1,3 Ma en Espagne, France et Italie. Par contre coté asiatique (Géorgie, Chine et Java) l’arrivée du genre Homo serait antérieure (autour de 1,6 à 1,8 Ma).

La datation directe des fragments de crâne découverts n’étant pas possible, ce sont les sédiments qui les contenaient qui ont été analysés par différentes méthodes (nucléides cosmogéniques, magnétostratigraphie, paléontologie des mammifères). Les auteurs ont ainsi pu dater la fin du dépôt des travertins à plus de 1,1 Ma grâce à l’étude détaillée d’une coupe continue de plus de 120 m de haut affleurant dans des carrières de travertins.

Cette datation est donc cohérente avec l’hypothèse d’un passage de l’Homo erectus africain par l’Asie mineure dans sa conquête de l’Europe. Techniquement elle illustre une nouvelle fois, après les succès obtenus par le CEREGE au Tchad (datation de Toumai) et en Inde (datation des premières industries à bifaces), les potentialités majeures des méthodes utilisant les nucléides cosmogéniques (10Be atmosphérique et couple 26Al/10Be ), combinée à la magnétostratigraphie, pour dater les séries continentales à hominidés. Les techniques de datation précédemment développées étaient en effet limitées à moins de 1 Ma environ.


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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 13:59

 

ADNUne étude Espagnole, publiée dans Nature dessine le portrait d'un humain qui vivait il y a 7000 ans environ en Espagne.

L'équipe a analysé l'ADN d'une dent d'un des deux squelettes masculins découverts en 2006 dans la grotte de La Brana-Arintero, dans la province de Leon (nord-ouest de l'Espagne).

Les ossements, préservés dans de bonnes conditions, sont datés approximativement de 7.000 ans, soit la période correspondant au Mésolithique (10.000 à 5.000 ans).

L'étude montre que le chasseur-cueilleur de la péninsule ibérique était génétiquement éloigné des populations européennes actuelles, mais était cependant plus proche des Européens du Nord d'aujourd'hui (Suédois et Finlandais par exemple). 

La pigmentation de la peau de l'individu de La Brana était probablement foncée, et ses cheveux bruns. Mais il était également porteur d'une mutation qui chez l'humain moderne engendre les yeux bleus.

"Ce phénotype rare n'existe pas dans les populations européennes contemporaines", a souligné Carles Lalueza-Fox, directeur de la recherche. "Jusqu'à maintenant, on considérait que la couleur de peau claire avait évolué assez tôt en Europe, au Paléolithique supérieur, en lien avec les faibles rayonnements UV à haute latitude", a-t-il expliqué. "Mais ce n'est clairement pas le cas. Cette évolution est intervenue beaucoup plus tard, probablement au Néolithique", a-t-il poursuivi. Elle pourrait être liée au changement de régime alimentaire et à la diminution de l'apport en vitamine D chez l'éleveur par rapport au chasseur.

Les généticiens ont également montré que l'individu de La Brana était porteur de la variation génétique ancestrale produisant une intolérance au lactose. De même l'homme n'était pas génétiquement armé pour avoir un régime riche en amidon. "Ces résultats suggèrent que le chasseur-cueilleur de La Brana avait de médiocres capacités à digérer le lait et l'amidon, étayant l'hypothèse que ces facultés ont été acquises plus tard, avec l'introduction de l'agriculture", déclarent les chercheurs. 

Source : Sudouest.fr

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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 14:24

 

Logo culture salon noirDiverses écoles s’affrontent aujourd’hui autour de la domestication du chien, sur son ancienneté, sur son origine, unique ou non. La petite taille, le raccourcissement de la mandibule sont des traits physiques, qui font, qu’un loup est désormais un chien.  

Des chercheurs viennent de mettre en évidence dans une publication récente, des variations du pelage de chiens, vieux de -10 000 et -5 000                            ans, en lien avec le processus de domestication.

Jean-Denis Vigne, archéologue et biologiste, Directeur de recherches au CNRS et archéozoologue est un des auteurs de cette publication. Il était l'invité de Vincent Charpentier dans l'émission "Le Salon noir".

Un podcast extrêmement intéressant à écouter en cliquant ici.

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 12:00

 

En 2014, le site de Cro-Magnon, situé aux Eyzies (Dordogne) sera payant. L'entrepreneur Jean-Max Touron a racheté l'ensemble des terrains qui borde l'abri et il espère recevoir 20 000 visiteurs la première année.

Son père Gabriel avait été l’un des pionniers du tourisme en Dordogne, en ouvrant à la visite dès 1938 le site troglodytique de La Roque Saint-Christophe. Jean-Max Touron, a pris le virus des falaises tout petit : « J’y passais toutes mes vacances. Au début le tourisme ce n’était que l’été, mais à partir des années 70 ça c’est bien développé ». Patiemment il a acheté des falaises creusées de trous qui bordent la vallée de la Vézère et des sites préhistoriques pour en faire revivre certains. Il exploite ainsi le roc de Cazelle aux Eyzies, la maison forte de Reignac à Tursac, la grotte du sorcier à Saint-Cirq du Bugue ainsi que le manoir de Gisson en plein Sarlat « construit sur du rocher », précise-t-il. Cinq sites qui drainent chaque année près de 400 000 visiteurs.

À 72 ans, il élargit encore ce petit empire. Il a acquis depuis 3 ans auprès de plusieurs propriétaires (6) l’ensemble du site de Cro-Magnon à l’entrée des Eyzies. Un lieu qui a donné son nom à notre ancêtre le plus direct, après la découverte en 1868 de sépultures datant de 27 000 ans.
« C’est le Périgordin le plus célèbre du monde », s’amuse Jean-Max Touron. Il a décidé de le réhabiliter en aménageant avec, comme à chaque fois, un site ludique et pédagogique. On y verra que notre ancêtre nous ressemblait beaucoup.

« On verra Cro-Magnon vivre en relief et il y aura une muséographie très sérieuse », assure-t-il. Pour cela il s'est assuré les conseils du préhistorien Gilles Delluc, son conseiller scientifique pour ce projet.

Jean-Max Touron espère 20 000 visiteurs dès la première saison à Cro-magnon et va y multiplier les attractions. Un sentier original permettra de grimper tout en haut de la falaise et d’y avoir un point de vue sur la vallée… et les falaises qui lui appartiennent.
Il pense installer des jumelles à réalité augmentée pour faire apparaître des personnages dans le paysage. Au total son investissement devrait atteindre un million d’euros. « Pour la première fois j’ai obtenu des subventions du Département, de la Région et de l’Europe. Cro-Magnon est un symbole ». Jean-Max Touron a réussi à acheter une bande de terrain à la SNCF, le long de la voie ferrée, pour y créer 50 places de parking. Il a pu également faire changer le tracé du chemin communal qui passe devant Cro-Magnon en s’engageant à tracer un nouvel accès un peu plus loin.
En pleine saison il emploie déjà 42 personnes sur ses sites et Cro-Magnon emploiera quatre personnes. Il se moque des critiques qu’il peut entendre : « on m’a traité de Leclerc de la préhistoire »… Il prend ça pour un compliment et invite à regarder ses livres d’or : les visiteurs sont ravis. Il ne compte d’ailleurs pas s’arrêter en si bon chemin et a déjà quelques idées après Cro-Magnon.

Le site internet du futur musée est déjà en ligne, ici.

Cro-Magnon-Abri.jpg                                  L'abri Cro-Magnon aux Eyzies-de-Tayac

Source utilisée : Sudouest.fr

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