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14 mai 2014 3 14 /05 /mai /2014 09:55

 

Mieux comprendre la fonction des outils de pierre utilisés il y a des milliers d'années par des hommes et des femmes de la préhistoire québécoise: c'est là le but que s'est fixé Jacques Chabot, le responsable du Laboratoire de recherche sur la pierre taillée. En 2012, il lançait un projet de recherche visant à constituer le premier référentiel expérimental tracéologique représentatif du nord-est de l'Amérique du Nord. Le vaste territoire étudié est compris entre l'État de New York et la Gaspésie au Québec.
«Nous examinons au microscope métallographique des outils que nous avons taillés dans la pierre, explique celui qui est aussi enseignant et directeur associé des programmes d'archéologie à l'Université. Avec ces outils, nous reproduisons l'usage qu'en faisaient les gens de la préhistoire. L'étude des traces d'usure nous aide à comprendre le rôle des outils de pierre dans la vie de ceux qui les ont fabriqués et utilisés.»
La tracéologie est une discipline liée à l'archéologie préhistorique. Jacques Chabot en est l'un des rares experts dans le monde et dirige l'un des deux laboratoires nord-américains spécialisés dans le domaine.
Dans un passé très lointain, les outils taillés dans la pierre servaient à travailler des matières telles que les os et les peaux d'animaux, les bois de cervidés, le bois et les végétaux. Des activités de rainurage, de découpe, de grattage ou de perforation, entre autres, produisaient des microtraces sur les outils de pierre.
La période préhistorique nord-américaine étudiée par les chercheurs québécois s'étend approximativement de l'an 9 000 avant Jésus-Christ aux premiers contacts avec les Européens au 16e siècle.
Le projet de Jacques Chabot est soutenu financièrement par le Programme d'appui au développement pédagogique de l'Université. La phase un visait à constituer une banque d'éclats de pierre. Celle-ci comprend actuellement 90 artéfacts représentant 10 types de roche. En 2012 et 2013, le laboratoire a fait prélever de nombreux blocs de pierre dans des carrières disséminées sur tout le territoire étudié. Ces roches font partie de la grande famille des cherts appalachiens. Depuis, on a enrichi la banque de 48 autres artéfacts. Ce sont des morceaux de quartzite du nord du Québec et d'obsidienne provenant de volcans d'Arménie, gracieuseté de travaux menés par Jacques Chabot dans ce pays.
«Nous sommes allés dans des carrières de pierre où nous savons que les hommes préhistoriques s'approvisionnaient, affirme-t-il. Nous y avons trouvé les matières premières utilisées jadis et qui sont présentes dans les collections archéologiques.»
Munsungun, Touladi ou Saint-Nicolas, le référentiel comprend six catégories de cherts. «Nous avons découvert que le Saint-Nicolas a un grain très fin et que le Touladi a un grain plus grossier, explique Jacques Chabot. Cette différence fait que les microtraces ne se développent pas de la même façon. Quant au Munsungun rouge, il contient du fer, ce qui nécessite plus de temps d'utilisation pour avoir un poli.»
L'équipe de recherche comprend une demi-douzaine d'étudiants, la plupart à la maîtrise en archéologie. Certains ont donné un coup de main dans la taille des éclats de pierre. Le choix des bons éclats s'est fait en pensant à ceux qu'un homme ou une femme préhistorique aurait pu choisir. «Les éclats, souligne l'assistante et chargée de cours Marie-Michelle Dionne, doivent bien tenir dans la main et présenter un bord résistant, coupant et assez régulier pour qu'il ait l'effet voulu sur la matière traitée. Ils doivent aussi être observables au microscope. Si le bord est trop accidenté, on aura de la difficulté à discerner les microtraces.»
Chacun des éclats choisis ne sert qu'à une seule activité, comme gratter une peau de castor ou rainurer un os animal. En tout, les expérimentateurs reproduisent neuf activités de survie caractéristiques de l'ère préhistorique. «Nous avons choisi, dit-elle, les mouvements les plus standards qui devaient être nécessaires pour faire de l'artisanat ou fabriquer des pointes de flèche, des hameçons ou des aiguilles.»
Le protocole d'expérimentation a pour but de bien documenter la dynamique d'usure. Les chercheurs chronomètrent cinq minutes de travail à la fois, ce qui est représentatif des gestes humains. Des photos à fort grossissement sont prises au microscope électronique après chaque séquence d'expérimentation. Au total, plus de 10 000 microphotos ont été captées à ce jour. Chaque éclat est utilisé par une seule personne pour réduire le degré de variabilité des gestes. En tout, un expérimentateur peut se servir du même outil de pierre pendant 60 à 90 minutes.
La constitution de ce référentiel aidera à mieux définir la préhistoire d'ici. «Le référentiel fera faire un grand pas en avant, affirme Marie-Michelle Dionne. Il permettra de comparer les outils de pierre de notre corpus à ceux que l'on trouve dans les collections d'artéfacts préhistoriques. L'analyse comparée permettra de mieux déterminer la provenance des microtraces sur ces artéfacts, donc la fonction de l'outil.»
Selon Jacques Chabot, ce projet, avec ses nouvelles collections sur la préhistoire d'ici, aura des retombées concrètes sur son enseignement, notamment le cours d'archéologie Analyse lithique qu'il donne à la session d'automne. «Mes cours spécialisés sont parmi les seuls au monde où, dès le baccalauréat, les étudiants sont initiés à la tracéologie.»

Traceologie.jpg                  Microtraces de creusage de rainures sur os, grossies 500 fois


Source utilisée : Journal de la communauté universitaire, université de Laval (Quebec)

Crédit image : Marie-Michelle Dionne

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 06:00

 

Au cours de notre histoire récente, des modifications portant sur la façon dont nos gènes s'expriment auraient-elles entraîné l'apparition de troubles mentaux tels que la schizophrénie, l'autisme ou encore la maladie d'Alzheimer ? C'est en tout cas l'hypothèse troublante avancée par une étude publiée dans la revue Science.

Les travaux pour mener cette étude ont consisté à comparer le génome de l'homme moderne à celui de l'homme de Neandertal, un travail doublé d'une analyse comparative de l'activité de ces gènes pour les deux espèces, semblent indiquer que les prédispositions de l'homme moderne à développer certaines pathologies mentales seraient ni plus ni moins... absentes chez son proche cousin Neandertal aujourd'hui disparu. En d'autres termes, ces prédispositions seraient apparues très récemment au cours de notre histoire évolutive…

Pour comprendre précisément ce dont il s'agit, attachons-nous d'abord à comprendre en quoi ont consisté les travaux du généticien israélien Liran Carmel (Université hébraïque de Jérusalem, Israël) et ses collègues. Au cours de cette étude, ces scientifiques se sont concentrés non pas sur les différences génétiques existantes entre le génome de Neandertal et celui de l'homme moderne (le degré de proximité entre ces deux génomes est de toute façon extrêmement élevé), mais sur les différences dites "épigénétiques" entre ces deux génomes.

L'épigénétique ? On sait, grâce à des études menées depuis une quinzaine d'années, que les gènes seuls ne suffisent pas à expliquer l'ensemble des caractères génétiquement héritables d'un individu (la couleur des yeux est, par exemple, un caractère génétiquement héritable). En effet, au cours de l'existence d'un individu, des facteurs environnementaux (une famine, par exemple) pourront introduire des modifications dans son génome, lesquelles seront alors transmises à sa descendance. Mais attention : ces modifications affecteront non pas les gènes de cet individu comme c'est le cas avec les mutations génétiques, mais la façon dont ces gènes s'expriment : on parle alors de mutation "épigénétique".

Comment ces mutations épigénétiques fonctionnent-t-elles ? Parmi les différents mécanismes possibles à l'origine des mutations épigénétiques, l'un des plus fréquents est la méthylation : ce processus se caractérise par la fixation sur un gène donné d'un groupe méthyl (un groupes méthyl est une structure composée de 3 atomes d'hydrogène et d'un atome de carbone), ce qui a alors généralement pour effet d'inactiver le gène. En d'autres termes, le gène reste intact, mais il ne peut plus coder pour des protéines : il est en quelque sorte devenu « silencieux ».

Or, en étudiant les ossements néandertaliens découverts à ce jour, il est possible de mettre au jour les zones du génome de Neandertal où des processus de méthylation ont eu lieu. En comparant ensuite ces données avec les zones du génome de l'homme moderne qui ont elles aussi été le siège de processus de méthylation, il devient alors possible de mettre au jour les mutations épigénétiques spécifiques à Neandertal, et celles propres à l'homme moderne. Et c'est précisément ce qui a été réalisé par le généticien Liran Carmel lors de cette étude...

Qu'ont découvert les auteurs de cette étude en observant les mutations épigénétiques affectant le génome de Neandertal et celui de l'homme moderne ? Ils se sont aperçus que nombre des mutations épigénétiques spécifiques à l'homme moderne affectaient des gènes connus pour entretenir des liens avec plusieurs troubles psychiatriques, comme la schizophrénie ou encore l'autisme.

Un constat qui suggère que les changements épigénétiques récents survenus chez l'homme moderne doivent peut-être être reliés à l'apparition de ces troubles mentaux, qui sont aujourd'hui si fréquents chez les humains d'aujourd'hui : "Nous avons découvert l'existence d'associations avec des maladies comme la schizophrénie, l'autisme ou encore Alzheimer", a expliqué Liran Carmel lors de la publication de cette étude. "Cela signifierait-il que les changements récents qui ont affecté la façon dont les gènes de l'homme moderne s'expriment dans notre cerveau, ont engendré l'apparition de maladies mentales au sein de notre espèce ?", poursuit le chercheur.

Face à cette éventualité quelque peu troublante, il est toujours possible de se consoler en se disant que les mutations épigénétiques spécifiques à Neandertal détectées par les auteurs de cette étude ont peut être elles aussi favorisé l'émergence de pathologies mentales spécifiques à Neandertal, mais dont nous ne connaîtrons jamais l'existence…

neandertal-vs-sapiens.jpg

        Crâne d'un homme moderne (à gauche) et celui d'un homme de Néandertal (à droite)

Source : lejournaldelascience.fr

Crédits images : Hairymuseummatt / DrMikeBaxter

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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 10:39

 

Le centre d'interprétation du Roc-aux-Sorciers, situé en lisière du village d'Angles-sur- l'Anglin, vient de parachever sa transformation. A un jet de pierres de la frise originale de 20 mètres de long, datant du magdalénien moyen (occupé il y a 15.000 ans), couvée par le ministère de la Culture, le lieu invite le visiteur à remonter le temps.

D'abord en empruntant un parcours « balisé » par des photographies des « découvreurs » du lieu (en 1927) et des archéologues qui ont travaillé sur le site, avant de suivre un large chemin ouvrant sur les traces d'une famille magdalénienne. Objets usuels ou de décoration fabriqués à l'identique dans de petites vitrines, dessins géants d'humains ou d'animaux plaqués sur les murs, bruitages, objets à toucher parsèment ce long « couloir » vers un retour à la source, à l'époque très lointaine de nos aïeux. L'immersion se poursuit avec une déambulation devant les huit panneaux reproduits à l'aide d'un moulage, des sculptures très détaillées de la frise. Cette réplique exacte en 3D permet une approche tactile des bisons, chevaux, bouquetins, visages, corps de femmes gravés en fonction du relief des parois. Approche complétée par la reconstitution d'un abri sous roche et d'une scène de la vie magdalénienne « ordinaire ». Par écran tactile et films interposés, le visiteur peut voir naître sous ses yeux les objets usuels, de décoration ou pour la chasse confectionnés selon les gestes et avec les « outils » préhistoriques.

Roc aux sorciers                                                            Le Roc-aux-Sorciers
Ce centre, totalement repensé, a également revu le spectacle qui clôture la visite. Ce son et lumière projeté sur une reconstitution de la frise a été complété par deux grands écrans retraçant en images tous les gestes (pêche, chasse, nourriture, transmission…) des hommes préhistoriques.
« Ce lieu n'est pas un musée, il n'a pas pour vocation de conserver mais d'interpréter. C'est une des raisons pour laquelle nous voulions nous concentrer sur l'humain, évoquent Daniel Tremblais, président, Aurélie Bridier, directrice et Nicolas Courteix, chargé de mission au sein de la communauté de communes. Sous la conduite d'Oscar Fuentes, directeur du site et de Geneviève Pinçon, archéologue, nous avons voulu également trois types de visites guidées, de 45 minutes à 1 h 30 mais aussi la mise en place d'ateliers pour tous les âges de création, de modelageen continu. » Un voyage dans le temps dépaysant…

Renseignements : 05.-49.83.37.27.

info@ roc-aux-sorciers.net ou www.roc-aux-sorciers.com

Source : lanouvellerepublique.fr

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 11:14

 

Un portail internet répertoriant toutes les données électroniques du monde sur les mammouths, sera bientot en ligne.

Créé par une équipe de l'Académie des Sciences de la République de Russie, le portail est actuellement en phase de tests, comme l'a expliqué Albert Protopopov, directeur du Département d’étude des mammouths de l’Académie des Sciences de Yakoutie.

« Il est encore en phase d’essai, mais nous pensons que d’ici mars il fonctionnera pleinement. Il s’agit de réunir sur un seul portail d’information l’ensemble des données paléontologiques dont disposent diverses institutions en Russie, aux Etats-Unis, en Europe et même en Afrique. Il y aura deux langues de travail : l’anglais et le russe. Ce projet est soutenu par les instituts russes menant des recherches en paléontologie et par le Centre de recherche Mammoth Hot Springs aux Etats-Unis. »

Selon le scientifique, le portail a été créé grâce aux fonds récoltés par l’exposition à l’étranger du bébé mammouth surnommé Youki. Celui-ci a été découvert en Yakoutie en 2010 et a vécu dans la région il y a 40 000 ans. Et bien qu’il ne s’agisse pas de la première découverte de la sorte, elle est unique : le cerveau de Youki a été conservé, ce qui n’avait jamais été le cas lors de la découverte d’autres fossiles de mammouths. Généralement, même si le crâne était conservé, le cerveau ne l’était pas en raison des processus de dessèchement et de putréfaction, souligne le spécialiste : « Cette découverte est proprement unique, car c’est le seul cerveau de mammouth intact dont la science a pu bénéficier. Il a un peu séché mais a conservé sa forme. En se basant sur celui-ci, il va être possible de constituer un atlas du cerveau du mammouth. C’est une avancée importante : il s’agira d’un atlas grâce auquel nous allons pouvoir commencer à travailler sur les caractéristiques comportementales des mammouths, leur variabilité écologique, notamment en le comparant au cerveau des éléphants. »

Ce portail consacré aux mammouths, fera l’objet d’une présentation officielle en mars en Yakoutie, puis sera soumis aux critiques de par la communauté scientifique internationale lors d’une conférence qui se tiendra en Grèce en mai prochain.

mammouth.jpg              

Source : La voix de la Russie

 

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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 16:29

 

A partir d'aujourd'hui, la grotte d'Altamira réouvre ses portes.

Fermée depuis 2002, la grotte d’Altamira, située à Santillana del Mar, en Cantabrie, va désormais, à titre expérimental, ouvrir ses portes à 5 visiteurs chaque semaine pour des visites limitées à 37 mn jusqu'au mois d'août. Un bilan de l'impact de  cette présence humaine sur les peintures sera alors réalisé.

Avant chaque visite, les participants seront informés des règles à respecter et devront revêtir des combinaisons, bonnets, masques ainsi que des chaussures spéciales.

Durant les visites, des contrôles seront effectués de la température de  l'air et de la roche, de l'humidité de l'air, de la contamination  microbiologique, des eaux d'infiltration et de la teneur en CO2.

A quand une réouverture expérimentale de la grotte de Lascaux ?

Altamira                                                  Peintures dans la grotte d'Altamira


Source : Francetvinfo.fr


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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 07:24

 

Une étude franco-anglaise menée sur plus de 1200 squelettes féminins et masculins datés de - 30 000 à nos jours indique qu'à la période préhistorique, les hommes avaient le monopole des activités de lancer. Pour cette étude publiée dans le Journal of Archeological Science, les chercheurs ont examiné les lésions osseuses au niveau des coudes de ces individus.

L'étude des atteintes au niveau des insertions des tendons sur le coude de plus de 1200 squelettes indique qu'à la différence de toutes les autres époques, les sujets préhistoriques de sexe masculin avaient le monopole de certaines activités comme le lancer. "Les médecins du sport et du travail le savent bien: la répétition d'un geste finit par laisser des traces sur le squelette, raconte Sébastien Villotte, chercheur CNRS au laboratoire Du passé à l'actuel: culture, environnement et anthropologie (PACEA), Nous savions que dans les sociétés traditionnelles pré-industrielles, il existe un certain nombre d'activités tabous pour les femmes: par exemple, dans les groupes de chasseurs cueilleurs actuels, les femmes peuvent chasser mais n'utilisent pas d'armes perforantes. Nous avons voulu en savoir plus sur ces pratiques en examinant de façon systématique les lésions osseuses au niveau du coude d'hommes et de femmes de la préhistoire à nos jours".

1200 squelettes européens datés de -30 000 à nos jours ont été passés au crible. Les chercheurs ont calculé un ratio: celui de la fréquence d'atteintes de la face externe du coude relativement aux atteintes de la face interne. "Les lésions de la face externe sont assez fréquentes de nos jours et peuvent avoir de nombreuses causes. Celles de la face interne sont beaucoup plus rares et le plus souvent associées au geste du lancer, effectué de manière répétée lors d'une activité sportive (javelot, baseball...) ou professionnelle (utilisation de matreau en charpenterie par exemple)", explique Sébastien Villotte. Les résultats obtenus ne laissent pas d'étonner: si pour les périodes les plus récentes - de l'Antiquité au XXe siècle -, on observe un ratio systématiquement supérieur à 1 chez les hommes et les femmes, côté gauche et droit, celui-ci s'inverse du côté droit pour les hommes préhistoriques uniquement, indiquant une prévalence forte des activités de lancer.
"Il semble donc qu'il ait existé, au cours de la préhistoire européenne et durant plusieurs millénaires, une division sexuelle du travail stricte pour les activités physiques impliquant le geste du lancer, indique Sébastien Villotte. On pense évidemment au lancer d'objets comme des javelots ou des pierres, mais d'autres activités, comme l'utilisation haches ou de masses, peuvent également avoir causé ces lésions".

 Pointes de sagaies

                                 Pointes de sagaies Magdaléniennes en os de renne

Source : Techno-science.net

Crédit image : Didier Descouens

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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 13:22

 

Proches cousins des éléphants, les mammouths ont régné des millénaires au travers des plaines et des steppes pendant le paléolithique. Selon une étude publiée dans "Nature", c'est la pénurie de plantes très riches en protéine, constituant l'essentiel de leur alimentation, qui a causé leur disparition.

Une équipe de scientifiques danoise, dirigée par Eske Willerslev, a étudié le contenu d'estomacs de ces animaux retrouvés momifiés ou congelés dans la terre de régions arctiques, ainsi que leurs matières fécales et leur ADN. Ils ont ainsi découvert que ceux-ci se nourrissaient presque exclusivement de dicotylédones herbacées, des plantes riches en protéines qui recouvraient en partie le sol en Amérique du Nord, en Europe et en Asie.
Il y a 25 000 ans, le changement de la végétation a commencé, due à un refroidissement des températures et il s'est terminé il y 10 000 ans environ. C'est la raréfaction de ce mets de choix, qui aurait entraîné la disparition progressive, en 10 000 ans, des troupeaux de mammouths et de rhinocéros laineux.

"Notre étude contredit la théorie selon laquelle l’être humain est responsable de cette extinction de masse", explique Eske Willerslev. Mais le chercheur n'exclut pas que la chasse pratiquée par les hommes préhistoriques ait porté le coup de grâce aux grands mammifères. 

defense-mammouth.jpgSources : Dailymail / Francetvinfo.fr

 

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 15:56

 

Communiqué de presse du CNRS en date du 4 février 2014.

Une équipe franco-turque, codirigée par le Centre de Recherche en Géosciences de l'Environnement (CNRS, Université Aix Marseille Aix en Provence), le laboratoire Histoire naturelle de l'Homme Préhistorique (CNRS, MNHN) et l’Institut de paléontologie humaine (Paris) a pu dater à plus de 1 à 1,1 millions d’années les dépôts renfermant l’homme de Kocabas, le plus vieux fossile d’hominidé découvert en Turquie. Ce résultat précise l’histoire de la dispersion des hominidés. Une étude parue dans la revue Earth and Planetary Science Letters.

La dispersion du genre Homo à partir de son berceau africain vers l’Eurasie, avec en particulier les relations entre Asie orientale (Indonésie, Chine) et Europe de l'Ouest, reste encore très mal connue du fait de la rareté des fossiles géographiquement intermédiaires. En particulier le nombre de vagues de colonisation et leur époque, par différentes espèces (ergaster, erectus, antecessor…) dont la distinction est sujette à controverse, est disputée. C’est pourquoi la datation du plus vieil hominidé de Turquie, retrouvé dans un travertin du bassin de Denizli (dans une formation voisine du fameux travertin de Pamukkale) était très attendue. Bien peu de reste d’hominidés sont connus en Turquie, principalement des Homo neanderthalensis dans la grotte de Karain.

Kocabas.jpg

                                    Fragments du crâne de l'homme de Kocabas

Le crâne, récupéré par MC Alcicek de l’Université de Pamukkale, est morphologiquement proche des fossiles éthiopiens datés entre 1 et 1,6 Ma et pourrait donc correspondre au passage de la « première vague » d’Homo erectus en Europe, datée vers 1 à 1,3 Ma en Espagne, France et Italie. Par contre coté asiatique (Géorgie, Chine et Java) l’arrivée du genre Homo serait antérieure (autour de 1,6 à 1,8 Ma).

La datation directe des fragments de crâne découverts n’étant pas possible, ce sont les sédiments qui les contenaient qui ont été analysés par différentes méthodes (nucléides cosmogéniques, magnétostratigraphie, paléontologie des mammifères). Les auteurs ont ainsi pu dater la fin du dépôt des travertins à plus de 1,1 Ma grâce à l’étude détaillée d’une coupe continue de plus de 120 m de haut affleurant dans des carrières de travertins.

Cette datation est donc cohérente avec l’hypothèse d’un passage de l’Homo erectus africain par l’Asie mineure dans sa conquête de l’Europe. Techniquement elle illustre une nouvelle fois, après les succès obtenus par le CEREGE au Tchad (datation de Toumai) et en Inde (datation des premières industries à bifaces), les potentialités majeures des méthodes utilisant les nucléides cosmogéniques (10Be atmosphérique et couple 26Al/10Be ), combinée à la magnétostratigraphie, pour dater les séries continentales à hominidés. Les techniques de datation précédemment développées étaient en effet limitées à moins de 1 Ma environ.


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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 13:59

 

ADNUne étude Espagnole, publiée dans Nature dessine le portrait d'un humain qui vivait il y a 7000 ans environ en Espagne.

L'équipe a analysé l'ADN d'une dent d'un des deux squelettes masculins découverts en 2006 dans la grotte de La Brana-Arintero, dans la province de Leon (nord-ouest de l'Espagne).

Les ossements, préservés dans de bonnes conditions, sont datés approximativement de 7.000 ans, soit la période correspondant au Mésolithique (10.000 à 5.000 ans).

L'étude montre que le chasseur-cueilleur de la péninsule ibérique était génétiquement éloigné des populations européennes actuelles, mais était cependant plus proche des Européens du Nord d'aujourd'hui (Suédois et Finlandais par exemple). 

La pigmentation de la peau de l'individu de La Brana était probablement foncée, et ses cheveux bruns. Mais il était également porteur d'une mutation qui chez l'humain moderne engendre les yeux bleus.

"Ce phénotype rare n'existe pas dans les populations européennes contemporaines", a souligné Carles Lalueza-Fox, directeur de la recherche. "Jusqu'à maintenant, on considérait que la couleur de peau claire avait évolué assez tôt en Europe, au Paléolithique supérieur, en lien avec les faibles rayonnements UV à haute latitude", a-t-il expliqué. "Mais ce n'est clairement pas le cas. Cette évolution est intervenue beaucoup plus tard, probablement au Néolithique", a-t-il poursuivi. Elle pourrait être liée au changement de régime alimentaire et à la diminution de l'apport en vitamine D chez l'éleveur par rapport au chasseur.

Les généticiens ont également montré que l'individu de La Brana était porteur de la variation génétique ancestrale produisant une intolérance au lactose. De même l'homme n'était pas génétiquement armé pour avoir un régime riche en amidon. "Ces résultats suggèrent que le chasseur-cueilleur de La Brana avait de médiocres capacités à digérer le lait et l'amidon, étayant l'hypothèse que ces facultés ont été acquises plus tard, avec l'introduction de l'agriculture", déclarent les chercheurs. 

Source : Sudouest.fr

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 12:00

 

En 2014, le site de Cro-Magnon, situé aux Eyzies (Dordogne) sera payant. L'entrepreneur Jean-Max Touron a racheté l'ensemble des terrains qui borde l'abri et il espère recevoir 20 000 visiteurs la première année.

Son père Gabriel avait été l’un des pionniers du tourisme en Dordogne, en ouvrant à la visite dès 1938 le site troglodytique de La Roque Saint-Christophe. Jean-Max Touron, a pris le virus des falaises tout petit : « J’y passais toutes mes vacances. Au début le tourisme ce n’était que l’été, mais à partir des années 70 ça c’est bien développé ». Patiemment il a acheté des falaises creusées de trous qui bordent la vallée de la Vézère et des sites préhistoriques pour en faire revivre certains. Il exploite ainsi le roc de Cazelle aux Eyzies, la maison forte de Reignac à Tursac, la grotte du sorcier à Saint-Cirq du Bugue ainsi que le manoir de Gisson en plein Sarlat « construit sur du rocher », précise-t-il. Cinq sites qui drainent chaque année près de 400 000 visiteurs.

À 72 ans, il élargit encore ce petit empire. Il a acquis depuis 3 ans auprès de plusieurs propriétaires (6) l’ensemble du site de Cro-Magnon à l’entrée des Eyzies. Un lieu qui a donné son nom à notre ancêtre le plus direct, après la découverte en 1868 de sépultures datant de 27 000 ans.
« C’est le Périgordin le plus célèbre du monde », s’amuse Jean-Max Touron. Il a décidé de le réhabiliter en aménageant avec, comme à chaque fois, un site ludique et pédagogique. On y verra que notre ancêtre nous ressemblait beaucoup.

« On verra Cro-Magnon vivre en relief et il y aura une muséographie très sérieuse », assure-t-il. Pour cela il s'est assuré les conseils du préhistorien Gilles Delluc, son conseiller scientifique pour ce projet.

Jean-Max Touron espère 20 000 visiteurs dès la première saison à Cro-magnon et va y multiplier les attractions. Un sentier original permettra de grimper tout en haut de la falaise et d’y avoir un point de vue sur la vallée… et les falaises qui lui appartiennent.
Il pense installer des jumelles à réalité augmentée pour faire apparaître des personnages dans le paysage. Au total son investissement devrait atteindre un million d’euros. « Pour la première fois j’ai obtenu des subventions du Département, de la Région et de l’Europe. Cro-Magnon est un symbole ». Jean-Max Touron a réussi à acheter une bande de terrain à la SNCF, le long de la voie ferrée, pour y créer 50 places de parking. Il a pu également faire changer le tracé du chemin communal qui passe devant Cro-Magnon en s’engageant à tracer un nouvel accès un peu plus loin.
En pleine saison il emploie déjà 42 personnes sur ses sites et Cro-Magnon emploiera quatre personnes. Il se moque des critiques qu’il peut entendre : « on m’a traité de Leclerc de la préhistoire »… Il prend ça pour un compliment et invite à regarder ses livres d’or : les visiteurs sont ravis. Il ne compte d’ailleurs pas s’arrêter en si bon chemin et a déjà quelques idées après Cro-Magnon.

Le site internet du futur musée est déjà en ligne, ici.

Cro-Magnon-Abri.jpg                                  L'abri Cro-Magnon aux Eyzies-de-Tayac

Source utilisée : Sudouest.fr

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