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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 10:39
LES AURIGNACIENS, PREMIERS HOMMES MODERNES À OCCUPER LE MAS D'AZIL

Une équipe d’archéologues et de géo-archéologues de l’Inrap et du laboratoire Traces (CNRS – université de Toulouse Jean Jaurès), intervient depuis 2011, sur prescription de l’État (Drac Midi-Pyrénées), dans la grotte-tunnel du Mas d’Azil en Ariège.

Ces recherches préventives et programmées s’intègrent dans un vaste projet de valorisation et de compréhension du site.

Les chercheurs retracent aujourd’hui une nouvelle histoire de la présence humaine au pied des Pyrénées. La mise en évidence d’une occupation aurignacienne liée à l’implantation des premiers hommes modernes dans cette partie de l’Europe est une découverte majeure. Ainsi, la Préhistoire du Mas d’Azil commence dès l’arrivée, il y a 35 000 ans, des premières populations du Paléolithique supérieur (les Aurignaciens et artistes de la grotte Chauvet). Leur succèdent, bien plus tard, les Magdaléniens qui pénètrent dans la grotte à la faveur d’une amélioration climatique. Ceux-ci laissent dans l’immense cavité de très nombreuses et célèbres œuvres d’art mobilier mais aussi rupestre. La fin du Pléistocène, marquée par un réchauffement climatique, voit l’émergence d’une nouvelle civilisation éponyme de la grotte : l’Azilien.

Largement explorée depuis 1860, la rive droite du Mas d’Azil a énormément souffert de sa découverte précoce. Il y a encore peu, elle était réputée ne contenir que quelques remblais de fouilles anciennes. Mais les récents diagnostics d’archéologie préventive ont révélé une importante stratigraphie de plusieurs mètres de haut. C’est la rivière de l’Arize, lors des différentes périodes glaciaires du Quaternaire, qui a déposé de séquences sédimentaires (galets, sables et limons) qui ont en grande partie colmaté la grotte. Ces phases d’ennoiement de la grotte n’avaient jamais été mises en évidence au Mas d’Azil. Or, elles sont particulièrement importantes pour l’histoire de la formation de la grotte mais aussi pour la connaissance de l’évolution des vallées pyrénéennes.

Les couches les plus anciennes sont scellées par les dépôts fluviatiles, et sont pour la plupart attribuables à l’Aurignacien (35 000-33 000 avant notre ère).

En effet, lorsque le climat s’est adouci, l’Arize a retrouvé son pouvoir d’érosion. C’est donc en recreusant ses propres dépôts qu’elle a rendu la grotte à nouveau accessible aux populations humaines. Les couches récentes datent de 14 700 avant notre ère et reposent directement sur les sédiments fluviatiles : l’occupation magdalénienne succède donc à cette phase d’ennoiement et de colmatage de la grotte. Un autre point d’importance a été mis en évidence au Mas d’Azil. Les Aurignaciens sont réputés ne pas habiter les grottes profondes. Or, de telles occupations ont été révélées ici. Cette découverte est majeure. L’apport des techniques actuelles de l’archéologie préhistorique permet, en outre, la remise en contexte d’une partie des collections conservées dans les musées.

Ainsi, la mise en évidence d’une séquence stratigraphique complexe, à la base de laquelle les Aurignaciens ont laissé de nombreux vestiges, est un apport important à la connaissance de la Préhistoire. L’étude de cette stratigraphie nouvelle, la compréhension des conditions de sa mise en place et l’extension de cette évaluation archéologique et géomorphologique à l’ensemble de la cavité sont très prometteuses. Ces recherches éclairent d’un jour nouveau l’Aurignacien dans les Pyrénées centrales françaises : le contexte est celui d’une vaste cavité de fond de vallée, dont le mode d’occupation pourrait être sensiblement différent ou complémentaire des "petites" grottes, souvent perchées dans le paysage, essentiellement connues jusqu’alors.

Source : Inrap

Crédit images : Denis Gliksman / Inrap

A l'intérieur du Mas d'Azil

A l'intérieur du Mas d'Azil

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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 12:55

27 / 31 juillet 2015 - Parc de la Préhistoire de Tarascon-sur-Ariège
PREHISTO'LOFT saison 2, pour vivre le quotidien des hommes préhistoriques

Cueillette, chasse, peinture autant d'activités connues menées par les hommes femmes et enfants d'il y a 14 000 ans… Mais en réalité, quel était leur quotidien ? En organisant le Préhisto'Loft Saison 2 du lundi 27 au vendredi 31 juillet, le Parc de la Préhistoire de Tarascon-sur-Ariège a pour ambition de faire toucher du doigt la vie courante de nos ancêtres. Le Préhisto'Loft est l'occasion de se plonger dans un passé encore très mystérieux.

Une vingtaine de Cro-Magnons seront face aux visiteurs qui entreront ainsi dans leur intimité et vivront au plus près une expérience inattendue en découvrant leurs gestes, leurs habitudes et leurs savoirs. Cette année, le clan s'agrandit avec l'arrivée d'un nouveau-né au début de l‘été.

Lundi 27 juillet, le pisteur de la tribu arrivera en éclaireur et choisira le meilleur emplacement pour l’installation du campement. Chacun œuvrera ensuite pour faire de ce lieu, un nid douillet et fonctionnel. Les tentes installées et le feu allumé, les activités reprendront : collecte de plantes, fabrication de lampes, sacs et autres paniers, préparation des repas, soins des enfants….

A partir de mardi 28 juillet, la chasse occupera la majeure partie du temps des Cro-Magnons. Ils fabriqueront les propulseurs, s'entraîneront au tir, prépareront le matériel de pêche... Au retour de la chasse, petits et grands découperont l’animal, nettoieront les peaux, les tanneront, conserveront et conditionneront les aliments, répareront les armes cassées… Mais si leur subsistance est au cœur de leur quotidien, les Cro-Magnons, premiers artistes de l’Humanité, n'oublieront pas de graver, sculpter, peindre… Après 5 jours de travail, il sera alors l'heure de reprendre la route !

Le Préhisto'Loft est l’occasion de découvrir ou redécouvrir en famille le Parc de la Préhistoire de Tarascon-sur-Ariège, magnifique site au milieu des lacs et des cascades, d’admirer les œuvres et les gestes de nos lointains ancêtres, de participer aux nombreuses animations et de retrouver les Géants de l’Âge de Glace.

Informations pratiques
Route de Banat - 09400 Tarascon-sur-Ariège - 05 61 05 10 10 - www.grands-sites-ariege.fr
Tarif : Enfant de 5 à 12 ans 6,90 € - Jeune de 13 à 18 ans 8,30 € - Etudiant 8,50 € - Adulte 10,80 € - Moins de 5 ans gratuit - Pass famille (2 adultes, 2 jeunes) : 3

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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 10:38

Une nouvelle étude démontre que la tuberculose ne nous est pas venue du bétail et que selon les analyses elle infectait déjà nos ancêtres bien avant qu'ils découvrent l'élevage.

Au moment de l’apparition des premiers animaux domestiques, la tuberculose était déjà une maladie humaine. Telle est la conclusion des travaux d’une équipe internationale impliquant plusieurs laboratoires de l’École pratique des hautes études (EPHE), du CNRS, de l’IRD et d’universités1. Oussama Baker, doctorant à l’EPHE, et ses collègues ont examiné des squelettes découverts sur deux sites syriens du Croissant fertile. Ils affirment, dans la revue Tuberculosis, qu’au moins quatre d’entre eux, datant d’une époque du Néolithique ancien où les hommes de cette région étaient encore des chasseurs-cueilleurs, présentent des lésions osseuses caractéristiques de cette pathologie infectieuse. Un diagnostic qui, précisent-ils, a été confirmé par la mise en évidence de la signature biochimique et moléculaire du Mycobacterium tuberculosis !

Provoquée par une bactérie se transmettant par voie aérienne, la tuberculose figure parmi les maladies dites ré-émergentes. Avec la propagation de l’épidémie de Sida, cette infection extrêmement contagieuse que l’Organisation mondiale de la santé a cru, à un moment, pouvoir éradiquer a fait sa réapparition sous une forme plus résistante aux traitements. D’où une série de travaux actuels visant à comprendre ce qui détermine la virulence plus ou moins forte de cette bactérie au cours du temps et la manière dont elle a évolué durant les étapes clés de l’histoire humaine. Notamment, celle, cruciale, du Néolithique.

Longtemps, les scientifiques ont été persuadés qu’à l’instar d’autres maladies, comme la rougeole, la tuberculose dérivait d’une anthropozoonose, une maladie transmise du bétail à l’homme durant cette période qui vit apprivoiser puis exploiter au Moyen-Orient, vaches, chèvres, porcs et moutons. Mais, en démontrant que les formes animales du bacille sont moins archaïques que les formes humaines, une équipe coordonnée par l’Institut Pasteur travaillant sur des souches actuelles a, en 2002, complètement réfuté cette thèse.

Qu’en est-il en définitive ? À l’occasion de fouilles réalisées entre 1991 et 2010 sur le site de Dja’de el Mughara (de 10 000 à 11 000 ans) sous la responsabilité d’Éric Coqueugniot, du Laboratoire Archéorient. et sur celui de Tell Aswad (de 9 000 à 10 000 ans), supervisé par Danièle Stordeur, du même laboratoire, Oussama Baker et ses collègues ont analysé les traces de tuberculose sur des squelettes d’humains ayant vécu avant et après la domestication. Situés en Syrie, l’un des berceaux de l’agriculture, ces anciens habitats ont été occupés pour le premier avant l’époque charnière de la domestication et pour le second après. À Dja’de el Mughara, une centaine de corps, certains regroupés dans une « maison des morts » ont ainsi été mis au jour. Quatre d’entre eux ont fait l’objet des investigations paléo-pathologiques des chercheurs.

À l’aide d’une chaîne de traitement d’imagerie numérique développée au sein du Laboratoire Pacea pour les besoins particuliers de l’archéologie, les chercheurs ont pu analyser, après un scan par micro-tomodensitométrie par rayons X, les images en 3D de l’intérieur d’une vertèbre lombaire provenant du plus ancien des deux sites. « L’équipe a mis en évidence des anomalies de l’os trabéculaire révélatrices d’un stade précoce de tuberculose, chez un enfant d’environ cinq ans », explique Hélène Coqueugniot, du laboratoire Pacea.

Reconstruction 3D d'une 3ème vertèbre lombaire d'un enfant âgé d'environ 5 ans présentant des signes d'infection tuberculeuse, trouvée en Syrie et extraction virtuelle agrandie de la microarchitecture de la vertèbre : normale (1); pathologique (2).

Reconstruction 3D d'une 3ème vertèbre lombaire d'un enfant âgé d'environ 5 ans présentant des signes d'infection tuberculeuse, trouvée en Syrie et extraction virtuelle agrandie de la microarchitecture de la vertèbre : normale (1); pathologique (2).

S’agissait-il pour autant de la forme humaine de la maladie et non de sa forme animale (par exemple bovine) qui peut infecter l’homme, le plus souvent par le lait ou la viande ? Les chercheurs ont analysé par des techniques de biologie moléculaire les restes bactériens – lipides et ADN – présents dans les ossements concernés. Ils ont ainsi découvert les traces d’un bacille génétiquement proche de celui qui se propage actuellement chez l’homme.

« Jusqu’à présent, les seuls exemples connus de tuberculose remontant à une époque antérieure au Néolithique étaient celui, controversé, d’un Homo erectus de 500 000 ans et ceux, problématiques, de bisons morts dans le Wyoming (États-Unis), il y a 17 000 ans, explique Olivier Dutour, paléopathologiste à Pacea et directeur d’études à l’EPHE. Notre travail a donc mis en évidence les plus anciens cas démontrés de tuberculose humaine et ce avant l’étape de la domestication. Il s’agit maintenant d’aller plus loin en analysant les ossements d’animaux domestiqués et sauvages découverts, puis en procédant à des comparaisons moléculaires avec les résultats obtenus sur les restes humains. Outre qu’elle nous permettrait de tester l’hypothèse selon laquelle c’est l’homme qui aurait contaminé l’animal et non l’inverse, une telle étude pourrait s’avérer utile pour vérifier si des souches virulentes actuelles du bacille ne pourraient pas dater aussi de cette époque. »

Source: CNRS

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 13:41
LA FEMME DANS LA SOCIÉTÉ SAHARIENNE PRÉHISTORIQUE

Les questions liées à la place qu’occupait la femme dans la société saharienne préhistorique et son rôle sont longtemps restées subsidiaires, voire mises à la marge par le plus grand nombre des travaux archéologiques. Si les fouilles scientifiques livraient peu d’éléments qui permettaient d’attribuer avec une certaine exactitude une tâche à l’un des deux sexes, l’art rupestre, lui, peut fournir aux chercheurs des éléments déterminants pour faire valoir la place de la femme saharienne dans son environnement.

Mais comment les chercheurs peuvent-ils distinguer la femme de l’homme dans des dessins qui datent de plusieurs milliers d’années ? Quelles sont les méthodes employées pour arriver à connaître le rôle de la femme saharienne restée dans l’ombre depuis la période préhistorique ? Hassiba Safrioun, maître assistante à l’Institut d’archéologie de l’université Alger 2, détient les réponses à ces questions. Cette chercheure travaille depuis 6 ans sur un projet de recherche, qui a pour thème : l’image de la femme dans l’art rupestre saharien. «C’était le thème sur lequel j’avais travaillé pour l’obtention de ma licence. Je l’ai également retenu pour mon magister, et maintenant pour ma thèse de doctorat», relate la chercheure. Elle explique par ailleurs que l’art rupestre recèle des messages, souvent difficiles à interpréter.

Et dans certains dessins, il est même compliqué d’identifier les figures dessinées sans les moyens adaptées. Aujourd’hui, l’art rupestre réclame l’intégration de différentes branches de la médecine dans les travaux de recherches archéologiques pour arriver à des conclusions plus claires et des résultats plus fiables et précis. «Mon travail de recherche est axé sur l’image de la femme dans l’art rupestre saharien. Il y a lieu de noter que c’est la première étude académique qui met en lumière la place de la femme dans la société saharienne préhistorique. La particularité de cette recherche consiste à faire associer la médecine, plus particulièrement la gynécologie obstétrique, l’anatomie et la neurologie dans l’interprétation de certaines gravures et certains dessins.

La complexité des peintures et gravures rupestres m’a incitée à solliciter l’aide de ces spécialités afin d’arriver à des résultats plus précis concernant la culture et le rôle sociétal de la femme dans la société saharienne préhistorique à travers l’art rupestre saharien», explique Mme Safrioun. La spécialiste fait savoir qu’il est très difficile pour un chercheur de déceler le message véhiculé dans un dessin rupestre (peinture ou gravure). Le défit est encore plus grand dès qu’il s’agit de distinguer l’image de la femme de celle de l’homme.

Car, dans la majorité des cas, il n’existe aucun signe morphologique et anatomique dans l’art rupestre indiquant qu’il s’agit bien d’une silhouette féminine. «Quelquefois, les formes féminines sont totalement absentes. A l’aide des données que nous fournissent les spécialistes en gynécologie obstétrique et ceux en anatomie et en neurologie, nous avons pu créer une base de données et de références qui va nous permettre de distinguer avec fiabilité et plus de certitude le sexe d’une figure rupestre», enseigne-t-elle.

Des résultats plus fiables

C’est la première fois qu’on met au grand jour la position de la femme dans la société saharienne préhistorique grâce à une étude académique de l’art rupestre fondée essentiellement sur une approche scientifique. L’art rupestre n’a jamais été considéré auparavant — comme l’indiquent certains livres — en tant que vestige digne d’attention et d’estime.

Selon la chercheure, jamais une approche scientifique se focalisant sur la femme n’a été appliquée dans les travaux archéologiques en Algérie. «Il convient de préciser que cette approche a été adoptée auparavant par le médecin gynécologue et préhistorien français Jean Pierre Duhard dans son travail de recherche sur les Vénus en 1993. En effet, grâce au travail de M. Duhard, on a pu comprendre que la forte corpulence des figurines de ces femmes préhistoriques représentait la fécondité et non pas l’opulence.

De mon côté, j’ai recouru à la même approche, grâce à laquelle je suis parvenue à élaborer une base de données très fiable et très scientifique en intégrant bien évidemment les caractéristiques et les critères spécifiques à l’art rupestre saharien», instruit-elle en ajoutant que M. Duhard a pu lire grâce à son approche non seulement le sexe du sujet, mais aussi son histoire biologique et physionomique — l’âge de grossesse, si le sujet (la femme est omnipare ou multipare : c’est-à-dire si elle a fait plusieurs grossesses ou une seule), si elle a allaité ou pas (selon la forme des seins), etc.

Dans ces peintures qui ornent les rochers sahariens, l’image de la femme est particulièrement spécifique. Sa corpulence est différente à celle de la femme occidentale. Le corps de la saharienne est fort, robuste, musclé et ses formes sont parfois inexistantes. Par exemple, on retrouve des peintures où la femme est mise dans des scènes de chasse, et sans cette nouvelle approche l’erreur est quasi assurée. Sachant que dans les anciennes bibliographies la chasse et la danse sont des activités qui étaient attribuées exclusivement à l’homme.

Or, des femmes étaient bien présentes sur ces peintures. «On y trouve aussi des scènes de différentes positions d’accouchement chez les femmes sahariennes — proto-Berbères installés au Sahara il y a de cela 3000 ans dans le Tassili et le Hoggar. Les dessins nous permettent également de connaître le rôle de la femme dans la vie politique, dans les relations sociales ainsi que dans la vie religieuse de l’époque préhistorique», précise Mme Safrioun. Elle explique par ailleurs que même si la recherche archéologique a donné l’occasion aux chercheurs de reconstituer la vie matérielle des sociétés du temps passé, il est par contre impossible de déterminer leurs tâches quotidiennes.

C’est pourquoi l’art rupestre avec ses différentes techniques de peintures et de gravures est considéré comme étant une fenêtre ouverte sur le passé social, politique, spirituel et rituel de ces populations. «Seul l’art rupestre nous permettra de relater le vécu de ces sociétés. C’est le Hollywood de la préhistoire», ajoute-elle. Une fois que le chercheur arrive à établir la distinction entre l’image de la femme et celle de l’homme, il entame alors son enquête sur le rôle de ces figures minutieusement tracées sur les rochers du grand Sahara. «Lorsqu’on arrive à déterminer les images de la femme saharienne, on aura donc la possibilité d’attribuer avec fiabilité son rôle dans sa société.

A ce moment-là, surgira une foule de questions restées longtemps sans réponses : est-ce que la femme saharienne pratiquait la chasse ? Jouait-elle un rôle dans la vie politique ou pas ? Quelle était sa place dans la société ? La culture matriarcale qui existait un peu partout dans le monde dans la période néolithique est-elle arrivée dans la région saharienne ? Et le matriarcat qui domine actuellement la société targuie est-il un héritage de la préhistoire ? L’art rupestre répondra certainement à toutes ces questions», soutient Mme Safrioun.

Par ailleurs, la chercheure indique que l’art rupestre saharien est passé par quatre périodes différentes datant de 10 000 ans à 1500 ans : la première période est celle des têtes rondes. On remarque dans ces représentations que la tête des êtres humains est symbolisée par un cercle. Ensuite vient la période bovidienne caractérisée par des scènes de troupeaux de bœufs, des scènes de chasse et l’émergence de l’activité pastorale. La période caballine, quant à elle, est marquée par le l’abondance des images de chars tirés par des chevaux.

A cette époque, la région a connu un changement climatique important : la désertification. Et, enfin, la période des camélidés caractérisée par des représentations de chameaux. «La femme est présente dans l’art rupestre appartenant aux quatre périodes. Sa physionomie, sa place, son rôle et même ses habits diffèrent d’une période à l’autre. La femme occupait-elle une place importante dans son environnement ? C’est ce que je tente de savoir à travers cette étude basée sur une approche scientifique en conjuguant des spécialités différentes pour briser enfin le mystère de l’art rupestre saharien», conclut la chercheure. Dans ce type de recherches, ce sont les sciences humaines qui sollicitent les sciences exactes.

Aujourd’hui, les sciences humaines font appel à divers domaines de la science dite technique pour acquérir plus de précision et de rigueur dans l’interprétation des choses. Aussi, elles s’appuient sur des outils informatiques pour faciliter l’accès à toutes les données indispensables à la recherche. Et cela pourra permettre aux chercheurs de déconstruire ce présupposé qui assigne à la femme des tâches limitées seulement aux soins des foyers et des enfants, alors que depuis l’antiquité la femme était déjà l’égale de l’homme.

LA FEMME DANS LA SOCIÉTÉ SAHARIENNE PRÉHISTORIQUE

Source : Elwatam.com

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 09:36
UN AUSTRALOPITHÈQUE DATÉ DE 3,67 MILLIONS D'ANNÉES

C'est une découverte de taille. Le chercheur toulousain, Laurent Bruxelles a réussi à préciser l'âge d'un fossile d'australopithèque trouvé il y à près de vingt ans en Afrique du Sud. Little Foot serait âgé de 3,67 millions d'années et serait plus vieux que la fameuse Lucy.

Depuis la découverte de Little Foot ("Petit pied") en 1997 dans une grotte du site de Sterkfontein, au nord-ouest de Johannesbourg, la bataille fait rage entre les experts pour déterminer l'âge de ce fossile d'australopithèque le plus complet jamais trouvé. Quatre millions d'années? 3,3 millions ? ou seulement 2,2 millions?

Les chercheurs ont donc fait appel à Laurent Bruxelles à Toulouse. Spécialisé dans l'analyse des paysages, le toulousain a étudié les roches qui étaient autour du squelette. Ses travaux ont permis "d'affiner" l'âge du squelette à 150 000 ans près. Little Foot aurait vécu il y a 3,67 millions d'années. Cet âge fait du petit "homme singe" sud-africain un contemporain de la fameuse Lucy, australopithèque trouvée en Ethiopie en 1974 et dont l'âge présumé serait de plus de 3 millions d'années. Selon Laurent Bruxelles, "cela remet l'Afrique du Sud dans la course de l'évolution humaine", alors que depuis plusieurs décennies, l'Afrique de l'Est tenait la corde.

Source utilisée : Francetvinfo.fr

Crédit photo : Mathieu Jarry/France 3 Midi -Pyrénées

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26 mars 2015 4 26 /03 /mars /2015 11:05

 

Selon une information relayée par The Sunday Times, des scientifiques de l'Université de Harvard aux États-Unis ont réussi à mélanger les gènes du mammouth, disparu depuis plus de 3.000 ans, avec l'ADN vivant d'un éléphant. 

Les scientifiques ont utilisé l'ADN de mammouths qui vivaient au Pôle Nord il y a plus de 3000 ans. Grâce au permafrost, les gènes ont été conservés en excellent état, contrairement aux gènes de la plupart des autres animaux de cette époque.

Les chercheurs ont réussi à réaliser des copies exactes de 14 gènes du mammouth qui le distinguent de l'éléphant. "Les gènes sont liés à la résistance au froid, telle que la pilosité, la taille des oreilles, la graisse sous-cutanée et l'hémoglobine" explique le professeur George Church de l'Université de Harvard au Sunday Time.

Ensuite, ils ont injecté ces gènes avec succès dans l'ADN vivant d'un éléphant d'Asie. Selon Church, l'éléphant d'Asie est très proche du mammouth, même davantage que de son congénère d'Afrique.

Comme l'étude n'est pas encore tout à fait achevée, les résultats n'ont pas encore été publiés officiellement.

Pauvre bête......

mammouth

Source utilisée : Levif.be

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 16:34

 

La découvert en 2013 d'une demi-mandibule repousserait de 400 000 ans l'origine du genre Homo.

Mis au jour dans la région de l’Afar au Nord-Est de l’Ethiopie par le paléontologue éthiopien Chalachew Seyoum, de l’Université d’Etat d’Arizona, cette demi-mandibule longue de 8 cm ou sont encore fixées 2 prémolaires et 3 molaires pourrait apporter un nouveau regard sur l'apparition du genre Homo. Datée d'environ 2,8 millions d'années d'après les analyses des roches volcaniques qui l'entouraient, ce fossile repousserait de 400 000 ans l'apparition des premiers humains dont les restes les plus anciens datent de 2,4 millions d'années.
«Jusqu’alors, la période allant de -3 à -2 millions d’années n’était documentée que par un petit nombre de fossiles. Il s’agit pourtant d’une époque cruciale pour l’évolution humaine, puisqu’elle a vu naître notre propre lignée», s’enthousiasme Brian Villmoare, de l’Université du Nevada, qui a pris part à l’étude.
mandibule-LD-350-1.jpg                       Différentes vues de la mandibule découverte en Éthiopie

Se penchant sur les caractéristiques de la mandibule baptisée LD 350-1, les anthropologues de l’Université d’Etat d’Arizona ont relevé certaines ressemblances avec celle d’Australopithecus afarensis, l’espèce dont fait partie Lucy: la forme fuyante du menton notamment. Une observation pas forcément étonnante dans la mesure où les spécimens les plus récents de l’australopithèque sont âgés «seulement» de 200 000 ans de plus que la mandibule de LD 350-1. Néanmoins, ce dernier possède aussi des attributs plutôt «modernes», se retrouvant beaucoup plus tard chez les représentants du genre Homo: la proportion globale de la mâchoire, les molaires fines et les prémolaires symétriques.
Reste à savoir ce qui, autour de -2,8 millions d’années, a déclenché la transition des australopithèques vers le genre Homo, maîtrisant mieux la bipédie et capable d’utiliser des outils de pierre. Une hypothèse couramment avancée est celle d’un changement du climat, qui aurait entraîné une aridification de l’environnement. Celle-ci aurait alors favorisé les espèces moins arboricoles et plus adaptées aux paysages ouverts de la savane. Une théorie qui semble en partie étayée par une autre étude publiée dans Science récemment.  

Sources : lemonde.fr / geo.com
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29 janvier 2015 4 29 /01 /janvier /2015 13:13

 

La préhistoire du Témiscouata est relativement bien documentée grâce à la richesse archéologique exceptionnelle de son territoire et aux efforts de recherche qui y ont été menés. Cependant, l’utilisation des ressources végétales par les populations préhistoriques y demeure peu connue. L’archéobotanique, une discipline en développement au Québec, est susceptible d’enrichir nos connaissances sur les relations Homme-milieu durant la préhistoire.

Le Parc national du Lac-Témiscouata au Québec se distingue par l’importante dimension culturelle de sa mission. Celle-ci est motivée par la richesse archéologique exceptionnelle de son territoire, notamment en ce qui a trait à la préhistoire, puis par ses paysages empreints de l’héritage de l’exploitation forestière traditionnelle des XIXe et XXe siècles.

Si les ressources exploitées lors de la période agro-forestière sont relativement bien connues, on sait peu de choses sur l’utilisation des ressources végétales des périodes qui précèdent. C’est la contribution que souhaite offrir Maria Giulia Muti, dans le cadre de sa maitrise en géographie à l’Université du Québec à Rimouski, sous la direction de Manon Savard.

 

UQUAR.jpg

                                                       Traitement des échantillons                  

La densité de sites archéologiques préhistoriques connus au Témiscouata s’explique en partie par la présence de carrières de chert, une matière très prisée pour la fabrication d’outils. Aussi, grâce à son réseau hydrographique, la région était un véritable carrefour d’axes de circulation. Les premiers sites archéologiques découverts ont attiré d’autres chercheurs, conscients de son grand potentiel archéologique. Ces programmes de recherche ont pu documenter l’approvisionnement en matière lithique, les réseaux d’échanges et les schèmes d’établissement. Cependant la relation des populations préhistoriques avec leur environnement végétal demeure peu documentée. L’archéobotanique, une discipline qui étudie les restes végétaux préservés dans les sédiments archéologiques, est susceptible d’enrichir nos connaissances sur la préhistoire du Témiscouata.

Lors des interventions archéologiques qui sont menées dans le parc, dont les fouilles ouvertes au public, des échantillons de sols seront prélevés. La carbonisation étant le mode de préservation le plus fréquent, ces échantillons seront traités par flottation, une méthode qui permet d’extraire des sédiments archéologiques d’éventuels restes botaniques carbonisés, comme des charbons de bois, des fruits, des graines, etc.

L’identification des restes végétaux et leur quantification permettent de documenter la relation des sociétés du passé avec leur environnement végétal. Des données ethnobotaniques permettent quant à elles de compléter ces recherches et de proposer des hypothèses sur l’utilisation des plantes et leurs modes de préparation.



Maria Giulia Muti est étudiante à la maîtrise en géographie à l’UQAR.

Manon Savard est professeure en géographie humaine de l’environnement à l’UQAR.

Source : www.uqar.ca

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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 13:56

 

Des paléoanthropologues ont découvert un outil en os taillé par l'homme de Néandertal, dont les fonctions étaient multiples. La trouvaille a été faite dans la grotte du Bison, en Bourgogne (France).

Un couteau suisse préhistorique, taillé par l'homme de Néandertal il y a 55 000 à 60 000 ans. C'est ni plus ni moins ce qu'on découvert des paléoanthropologues dans la grotte du Bison (Bourgogne, France), alors qu'ils fouillaient ce site préhistorique.

Et pour cause, puisque cet outil, un os taillé provenant du fémur gauche d'un renne, remplissait au moins trois fonctions : il servait en effet à dépecer le gibier et à en extraire la moelle, à affûter des outils de pierre, et était enfin utilisé comme grattoir.

Selon Luc Doyon (Université de Montréal, Canada), co-auteur de la découverte, c'est la première fois qu'un outil multifonctionnel datant de cette période est découvert.

Au-delà de la dimension "multi-fonction" de cet outil, cette découverte vient confirmer encore un peu plus que les facultés cognitives de l'homme de Néandertal étaient très probablement équivalentes à celles de l'homme moderne : "La présence de cet outil dans un contexte où les outils de pierre sont abondants suggère qu'il s'agit du choix opportuniste d'un fragment d'os et de sa transformation en outil par Néandertal", explique Doyon dans un communiqué publié par l'université de Montréal. "Il a longtemps été supposé qu'avant Homo sapiens, les autres espèces n'avaient pas la capacité de produire ce type d'artefact. Cette découverte réduit le décalage entre les deux espèces".

outil-neandertal-grotte-du-Bison-copie-1.jpg

Note : Découverte en 1958, la grotte du Bison révéla plusieurs sols d'occupations s'échelonnant du Moustérien au Châtelperronien. Elle fait partie des onzes grottes occupées parmi les treize s'ouvrant au sud dans la barrière corallienne qui borde le bassin parisien.


Sources : Journaldelascience.fr / Bulletin de la Société préhistorique française

Crédit image : University of Montreal - Luc Doyon

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 13:31

 

La Caverne du Pont d’Arc, réplique de la Grotte Chauvet, ouvrira ses portes le 25 avril, après 30 mois de travaux et une inauguration présidentielle dix jours plus tôt. 350 000 visiteurs par an sont attendus.

Dès le printemps, c’est un formidable voyage dans le temps qui sera proposé au public sur le site du Razal, situé sur les hauteurs de Vallon-Pont-d’Arc en sud-Ardèche avec l’ouverture de la plus importante réplique de grotte ornée au monde : la Caverne du Pont d’Arc.

C’est au cœur d’un espace boisé de 29 hectares, à quelques kilomètres seulement de la cavité originelle, qu’il sera donné de vivre toute l’émotion suscitée par la véritable grotte Chauvet et ses peintures rupestres vieilles de 36 000 ans, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en juin dernier.

C’est du moins toute l’ambition du fac-similé qui s’étend sur 3 000 m² au sol et 8 000 m² de décor.

construction-replique--de-la-grotte-chauvet.jpg

Les cinq sens des visiteurs seront stimulés. Ils seront immergés dans l’univers si particulier du milieu souterrain. L’idée a été de reproduire à leur intention cette impression ressentie par les rares privilégiés qui ont pu entrer dans la grotte Chauvet de progresser dans un lieu exceptionnel, un sanctuaire non seulement empreint d’une qualité artistique extraordinaire mais aussi chargé d’une puissance spirituelle. Ainsi les visiteurs ressentiront la fraîcheur, l’humidité, seront enveloppés par le silence et l’obscurité, auront jusqu’à des sensations olfactives… Comme s’ils venaient de pénétrer à la fois dans un univers familier et dans un autre monde. Celui de nos ancêtres aurignaciens qui ont créé à jamais sur des parois de calcaire des œuvres uniques et bouleversantes, qui ont figé pour l’éternité dans leur écrin 1000 dessins dont 425 figures animales. Un bestiaire exceptionnel représentant 14 espèces différentes dont une majorité d’animaux dangereux (ours des cavernes, rhinocéros laineux, mammouths…), des représentations uniques dans l’art pariétal paléolithique (panthère, hibou, partie inférieure du corps féminin…).

Vous pouvez déjà réserver vos places en cliquant ici.

Source : Ledauphine.com

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